20 avril à 20:15
Bordeaux
Devant – Contrechamp de la rétention
Annick Redolfi
Année : 2025
Pays : France
Durée : 78 mn
VOST
Pauline, Norah, Kristina… attendent pendant des heures, assises sous une cabane perdue au fond du bois de Vincennes, DEVANT le Centre de rétention administrative (CRA) de Paris : toutes sont venues voir leur proche enfermé. Des vies suspendues à l’attente de leur expulsion ou de leur libération. Sur cette scène, ces femmes se racontent, échangent entre elles, partagent avec les nouveaux visiteurs leur expérience, leur révolte, leurs rêves. Elles sont le miroir de la rétention, son contrechamp.
« N’ayant pas obtenu l’autorisation de filmer dans le centre de rétention, j’ai cherché la forme que pourrait prendre ce film. C’est en passant de nombreuses heures d’attente à discuter avec les autres visiteuses et visiteurs que le dispositif filmique s’est imposé. L’accueil des visiteuses, je peux le filmer. Même si les policiers de garde veillent à ce que la caméra ne soit jamais tournée vers le centre de rétention. Ce qui m’est apparu d’abord comme une contrainte est devenu la force du film. En observant la rétention en plans serrés, j’englobe le lieu d’enfermement et tous ceux qui sont pris dans son champ de gravité : les visiteurs des retenus et au-delà, la société française dans son ensemble. L’accueil des visiteurs est un lieu frontière, entre intérieur et extérieur. C’est là que se joue tous les jours le même théâtre de l’absurde : celui de l’enfermement de personnes étrangères qui n’ont commis ni crime ni délit, mais qui « n’ont pas de papiers ». Dans cet espace, nos personnages… sont nos fenêtres sur l’intérieur interdit, l’incarnation de l’extérieur invisible, les passeurs du vécu d’un enfermement qui est aussi le leur car il s’inscrit dans leur histoire intime. Ils sont des révélateurs, montrant comment notre société assigne l’Étranger au rôle d’indésirable… »
Annick Redolfi
















