Soumsoum, la nuit des astres
Mahamet-Saleh Haroun
Année : 2025
Pays : Tchad, France
Durée : 101 mn
Date de sortie nationale : 15/04/2026
VOST
Maïmouna Miawana, Ériq Ebouaney, Achouackh Abakar Souleymane, Brigitte Tchanégué
Mahamet-Saleh Haroun, Laurent Gaudé
Le mercredi 15 avril 2026 à Bordeaux.
Mardi 28 AVRIL 2026 à 20h15 PROJECTION SUIVIE D’UNE RENCONTRE AVEC LE RÉALISATEUR, MAHAMET-SALEH HAROUN Pour cette soirée, achetez vos places à l’avance au cinéma, à partir du Samedi 18 Avril. Soumsoum, la nuit des astres est programmé du 22 Avril au 5 Mai
Voir l’événement
Réchauffement climatique oblige, Soumsoum, la nuit des astres commence avec une gigantesque inondation qui laisse totalement dévasté un petit village tchadien proche du désert de l’Ennedi, impressionnant paysage de falaises karstiques et de grottes inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Un événement météorologique qui passe rapidement auprès des villageois pour une malédiction quand, dans la foulée, le village est frappé par une série de morts subites de nourrissons…
Mais en attendant que soit désigné le bouc émissaire ad hoc, on fait la connaissance de la jeune Kellou. Écolière qui ressemble à toutes les écolières du monde, Kellou est préoccupée par son portable et son chéri Baba, avec lequel elle file a priori le parfait amour. Une vie ordinaire bien remplie, auprès d’un père aimant qu’elle aide de temps en temps aux travaux des champs et d’une belle mère solidaire, qui vient de lui donner un demi-frère. Mais Kellou est habitée par d’étranges visions. Celles notamment de sa mère morte en couches, Kellou étant ce qu’on appelle « une enfant née du sang ». Elle est aussi hantée par les images d’inquiétants fantômes, particulièrement à proximité du petit lac creusé dans la roche où elle va se baigner. Ces apparitions la rapprochent d’Aya, une étrangère, dont les villages se méfient : une femme perçue comme une sorcière et – bingo ! – rapidement identifiée comme la cause de tous les maux, passés, présents et (pour faire bonne mesure) à venir…
Soumsoum, la nuit des astres est une très belle et fine réflexion sur la sororité des femmes qui doivent faire front contre les peurs et les préjugés des hommes, leur lâcheté, leur xénophobie, leur bêtise à front de taureau… C’est aussi un regard aiguisé porté sur les spiritualités millénaires, opposées aux superstitions religieuses dont les femmes sont les premières victimes. Mais surtout la caméra et le sens du cadre magnifiquement maitrisé de Mahamet – Saleh Haroun subliment les paysages du désert de l’Ennedi, ses grottes irréelles, ses pitons rocheux qui n’ont rien à envier à Monument Valley ou à l’Ayers Rock australien. Le travail sur les corps, notamment celui longiligne, fascinant de Kellou, intégrés comme des éléments du paysage, fait de ce film une splendeur visuelle comme on en voit peu.
Faute de financements dans leurs pays d’origine, rares sont les cinéastes africains dont on peut suivre le travail, année après année. Le Tchadien Mahamet-Saleh Haroun en fait partie, à qui l’on doit Daraat une saison sèche, Un homme qui crie ou Grigris etse bat pour tourner envers et contre tout avec une économie de moyens invraisemblable. Il explore ici le rôle et la place du merveilleux et de l’invisible dans un film magnifiquement mis en scène, qui appelle à lire entre les lignes, dans ce coin du monde ravagé par des guerres qui endeuillent depuis des décennies le Sahel, conflits motivés par la prédation des richesses minières de la région bien plus que par toute autre raison politique ou religieuse. Soumsoum est un hommage vibrant aux cultures antéislamiques qui ont couvert les murs de leurs grottes multi-millénaires de peintures rupestres splendides.



