Nous l’orchestre

Philippe Béziat

Année : 2025
Pays : France
Durée : 90 mn
Date de sortie nationale : 15/04/2026

musiciennes et musiciens de l’Orchestre de Paris, leur directeur musical Klaus Mäkelä
Philippe Béziat
FIPADOC 2026 – Grand Prix du Documentaire musical

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Du 22/04/2026 au 05/05/2026 – Prochaines séances

« Tout le monde peut avoir, à certains moments, l’impression de ne servir à rien : c’est faux ! » Ainsi parle l’un des musiciens de l’orchestre de Paris, et ses paroles, comme toutes celles prononcées par ses camarades de « jeu », résonnent avec justesse, accessibles et limpides. Nous l’orchestre nous propulse dans une grande partition universelle, telle une magnifique leçon de vie et… de démocratie. Que l’on soit mélomane, musicien ou pas : qu’importe ! Chacune et chacun trouvera la porte d’entrée pour embarquer dans ce flot d’humanité, qui oblige à nager la tête haute, loin au-dessus des querelles intestines, des bassesses, du manque d’écoute ou de bienveillance. Pour donner chair à une œuvre, avancer ensemble, pas d’autre choix que de ne jamais perdre de vue le cap, le chef d’orchestre, ses moindres intentions, ses moindres gestes, ceux des autres pupitres. Ici, tous les sens sont en alerte, aucun n’est de trop, l’ouïe, la vue, le toucher… Chaque musicienne, chaque musicien a ses propres stratégies sensuelles pour rester à l’écoute des pulsations voisines. C’est un défi intense que de rester soi-même tout en oubliant sa petite personne pour s’inscrire dans le collectif, un organisme à 120 instruments, autant de cerveaux, 240 mains, 4800 doigts (si l’on compte ceux des pieds !) et combien de battements de cils et de cœurs ? C’est vertigineux.

La caméra pénètre dans ce grand corps vibrant par l’architecture de la Philharmonie de Paris qui semble retenir son souffle. Elle en épouse subtilement les formes, les mouvements organiques, les couloirs et les coulisses, lesquelles, avant même l’arrivée d’une présence humaine, semblent vouloir nous susurrer à l’oreille quelques secrets, tels des soupirs. Ce n’est que le prélude à la brillante composition de sons, d’images et de musique concoctée par Philippe Béziat, en véritable virtuose qui part à la recherche de l’accord parfait. Il ne se contente pas de filmer les éléments, il les déstructure, les restructure, joue avec leurs rythmes, leurs textures. Pizzicato, les mots se plaquent sur les sons, les sons sur les visages, les notes répondent aux images, comme les cordes répondent aux cuivres, et vice versa, à la poursuite d’une mélodie lumineuse qui se déploie sous nos yeux. Pianissimo, le réalisateur et son équipe rendent perceptible l’invisible, transcendent les plus infimes expressions des êtres qui œuvrent ensemble, à commencer par celles de Klaus Mäkelä, le jeune chef prodige finlandais qui indique la direction, celle à suivre, celle à trouver. Un cheminement peuplé d’attentes, de doutes, de fragilités, d’espérances parfois déçues. La route est ardue, exigeante. Qu’on ne s’y trompe pas : il faut tellement plus qu’un métronome pour que 120 cœurs battent à l’unisson ! On ne peut que s’émerveiller de l’incroyable alchimie qui opère sous nos yeux, dans nos oreilles, alors qu’une vibration commune se propage de pupitre en pupitre, que crescendo montent nos frissons, un truc à faire vibrer même les pierres… L’orchestre et ses officiants nous transportent vers la lumière.

Philippe Béziat a su comme nul autre réalisateur transmettre au cinéma la beauté et la grandeur de l’opéra, le rendre accessible au plus grand nombre. On se souvient tout particulièrement de son précédent film, le merveilleux Indes galantes (2020). Cette fois il nous plonge au plus profond de la musique en train de se faire, au plus près de l’intimité collective des musiciennes et musiciens, de leurs émotions, de leurs réflexions. Comment jouer ensemble sans se sentir englouti dans la masse ? Comment travailler en harmonie, au fil des répétitions et des concerts, sans que le groupe n’explose ? Comment nait une vocation ? Quel rôle joue précisément le chef d’orchestre ? Autant de questions, autant de mystères abordés dans ce magnifique « documentaire-symphonie ».

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