Le dernier vrai samouraï

A Samurai in Time

Junichi Yasuda

Type de film : Fiction
Année : 2024
Pays : Japon
Durée : 131 mn
Date de sortie nationale : 10/06/2026
VOST

Casting : Makiya Yamaguchi, Norimasa Fuke, Yuno Sakura, Rantaro Mine

10 juin 2026
15:45
11 juin 2026
14:20
12 juin 2026
20:45
13 juin 2026
14:10
14 juin 2026
20:00
15 juin 2026
14:30
16 juin 2026
20:45
Du 10/06/2026 au 16/06/2026 – Prochaines séances

« On joue dans un chambara, la fierté et la loi tuent comme un bon vieux Kurosawa, la main sur le katana. Même si la peur m’assaille, je partirai comme un samouraï. » Extrait de la chanson Samourai par Shurik’n de IAM

Naïf, drôle, généreux, bourré d’énergie, Le Dernier vrai samouraï est une ode au cinéma tout à fait charmante maquillée en comédie fantastique, qui joue habilement et joyeusement avec les paradoxes temporels et les effets comiques du voyageur involontaire dans le temps. Le film commence donc à la fin de l’ère Edo (qui commence comme chacun sait du début du XVIIe siècle et se termine au milieu du XIXe avec l’avènement de l’ère industrielle). Shinzaemon Kosaka, valeureux guerrier mercenaire, s’apprête à livrer nuitamment un duel en plein orage… lorsqu’un éclair frappe les combattants ! Terrassé par la foudre, notre samouraï se réveille au matin dans le paysage familier d’un village japonais traditionnel – mais peuplé d’étranges habitants, habillés bizarrement (jeans et tee shirts), maniant de non moins étranges machines (clap, caméras, projecteurs…). Le samouraï vient d’être propulsé en plein 21e siècle, sur le tournage d’un « Jidai-geki » ! Le Jidai-geki (on parle aussi de Chambara) est ce genre de films historiques en costumes, situés souvent à l’époque médiévale du Japon, immortalisé par d’immenses cinéastes comme Kurosawa (Les Sept samourais, La Forteresse cachée, Kagemusha, Ran…) ou Kobayashi (Hara Kiri, Kwaidan). Le voyageur temporel, dérouté, met un peu la pagaille sur le plateau en effervescence, se fait jeter du studio, erre dans la ville, retrouve le lieu du combat qu’il s’apprêtait à mener, fait heureusement la connaissance d’un sympathique gardien de temple et, par l’artifice d’un scénario bien ficelé (vive le cinéma !), retrouve le chemin des plateaux de tournage. Rapidement mis au fait de la fin de l’ère Edo, finie depuis 140 ans, et passé le désespoir de sa condition, le samouraï se moule dans sa nouvelle époque en utilisant son talent pour devenir cascadeur et épéiste figurant, prêt à mourir des centaines de fois devant la caméra. Avec un réalisme et une précision qui font l’admiration de toute l’équipe ! Le tout sous la protection bienveillante d’une assistante réalisatrice, également apprentie scénariste. Mais le Jidai-geki est un genre qui tombe en désuétude et le studio vit peut être ses derniers moments…

Bien sûr il y a quelques scènes cocasses, comme celle où le samouraï, dans les premiers instants, déboule sur une scène d’agression d’une femme par quelques vilains ronins et se fait le vengeur de la veuve et de l’orphelin, ou la découverte stupéfaite par notre homme des images qui bougent toutes seules sur un écran de télévision. Mais le film a le charme et l’intelligence de dépasser le ressort comique pour se muer avec une tendresse sincère en évocation nostalgique du Jidai-geki, de ses artisans, ses décors et ses costumes minutieusement reconstitués, de la précision de la chorégraphie des combats – derrière lesquels on retrouve une certaine philosophie que portait l’éthique des samouraïs. Cet hommage délicieux est dédié à Seizô Fukumoto (1943-2021), comédien de l’ombre du cinéma japonais, à l’image de notre héros, connu comme « l’homme qui a été tué 50 000 fois à l’écran » et qui, dans le film américain d’Edward Zwick Le Dernier samouraï (2003, avec Tom Cruise) est crédité au générique comme « Bob, le samouraï silencieux ». Un conte merveilleux qui fait revivre tout un pan inoubliable du cinéma japonais.

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