Mon oncle

Réalisation : Jacques TATI
Casting : avec Jacques Tati, Jean-Pierre Zola, Adrienne Servantie, Alain Bécourt
Scénario : Scénario de Jacques Tati, avec la collaboration de Jacques Lagrange
Récompenses : Oscar 1958 du Meilleur Film Étranger

Type de film : Fiction
Pays : France
Année : 1958
Durée : 113 mn
Version : VOST
Jeune Public : Oui

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Décidément, le génial Jacques Tati ne finira jamais de nous émerveiller et de nous surprendre. Après la somptueuse réédition de Jour de Fête qui, pour notre plus grand bonheur, vous a fait courir cet été, c’est au tour de Mon oncle de revenir, tout restauré, tout nettoyé, tout de frais numérisé, sur nos écrans. Satire mordante, invention délirante et poésie tendre, Mon Oncle a la perfection burlesque des Vacances de M. Hulot et porte en germe l’aboutissement que sera Playtime (c’est le sommet de l’art de Tati). On ne peut que vous redire, pareil : retrouvailles, découverte, partage, donc, c’est selon. Mais à l’arrivée, immanquablement, pour tous, un pur instant de bonheur. Parents, faites partager à vos enfants ce bonheur-là. Enfants, rouvrez les yeux de vos parents sur ce trésor-là. Tati devrait être remboursé par la Sécurité Sociale.

Monsieur Hulot est rentré de vacances, il retrouve son petit appartement sous les toits, dans son petit quartier populaire de Saint-Maur : séquence magnifique, qui revient en leitmotiv, du dégingandé Hulot regagnant son « home-sweet home » à travers le dédale des couloirs et des escaliers, avec cette musique guillerette qui vous trottera dans la tête pendant des semaines…
Il retrouve aussi son neveu préféré, un môme épatant qui aurait toutes les chances de faire un futur adulte fort convenable s’il n’était accablé d’une paire de parents apocalyptiques : lui gros et gras industriel m’as-tu-vu, engoncé dans des costumes aussi étriqués que son esprit ; elle grosse dondon d’intérieur qui se pâme devant les gadgets inutiles de sa maison « design »… Il faudra bien toute la fantaisie, toute la poésie subversives de son oncle pour épargner à l’innocent le châtiment suprême de ressembler à ses géniteurs !

« Il n’y a pas de message dans mon film. Cependant, je peux dire que je suis frappé par l’indifférence du monde moderne. Que signifient la réussite, le confort, le progrès si personne ne connaît plus personne, si l’on enlève les immeubles faits à la main pour les remplacer par du béton, si l’on déjeune dans des vitrines au lieu de se retrouver dans des petits restaurants où l’on a envie de parler, si l’épicerie ressemble à la pharmacie, si l’on change le modèle de sa voiture pour le plaisir d’avoir des feux rouges différents et de nouvelles poignées ? » Jacques Tati, Le Monde, 24 Avril 1958

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