Ghost in the Shell
Kôkaku kidôtai
Mamoru Oshii
Type de film : Animation, Fiction, Répertoire
Année : 1995
Pays : Japon
Durée : 83 mn
Date de sortie nationale : 29/01/1997
VOST
Scénario : Kazunori Itô
Le 10 juin 2026 à 20:15 à Bordeaux.
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Est-il encore utile de présenter cet animé de Mamoru Oshii devenu culte, Ghost in the shell, adapté du manga de Masamune Shirow ? Tant ce film mérite sa place au sommet, en compagnie de Nausicaä et la vallée du vent de Hayao Miyazaki, Akira de Katsuhiro Otomo ou la série Evangelion. Bref, des œuvres phares de la science-fiction japonaise. La redécouverte de L’Œuf de l’ange (1985) du même réalisateur, en décembre dernier, a été l’occasion de démontrer, si cela restait à faire, l’extraordinaire vitalité du répertoire d’animation japonais. C’est donc avec un grand plaisir que nous vous proposons de replonger dans une des œuvres phares qui ont construit son histoire.
En 2029, les progrès technologiques sont tels que toutes les informations disponibles au monde peuvent être accessibles sur un simple ordinateur de poche. Le grand Net domine tout et a fabriqué, malgré lui, une criminalité sophistiquée que combat une police d’un genre nouveau. Une femme-flic, la Major Kusanagi, dirige une unité secrète spécialisée dans le règlement des affaires difficiles. Capable de se brancher directement sur les bases de données mondiales, Kusanagi peut voir et entendre n’importe quelle conversation sur la planète. Précision : la major, comme tous les membres de son équipe, est un super-robot, fruit des plus hautes techniques de la cybernétique, utilisées par les humains pour améliorer leurs capacités physiques et sensorielles. Jouant aux Dieux, ils ont ainsi créé une véritable race augmentée, habitée par la question de leur résidu d’humanité. Pour l’heure, Kusanagi s’apprête à intervenir en pleine tractation entre un diplomate corrompu et un programmateur informatique suspecté de trafic d’armes. Prise de vitesse par les troupes d’intervention du ministère des affaires étrangères, Kusanagi passe à l’action. Une gigantesque traque démarre, nous entraînant dans les dédales d’un univers à peine imaginable, où agit dans l’ombre l’un des antagonistes les plus philosophiquement dérangeants de l’animation japonaise : le Puppet Master.
Projeter Ghost in the shell aujourd’hui en restauration 4k, c’est donner l’occasion de (re)voir dans des conditions optimales une œuvre majeure du cinéma mondial, tant le film est cité dans les influences de nombre de cinéastes. La grande force de Ghost in the shell, outre ses qualités techniques indiscutables, est de proposer, en s’appuyant sur une intrigue policière musclée, une œuvre aussi immersive que réflexive. On pense entre autres au mtythique Blade runner : Ghost in the shell est tout aussi intelligent, et va peut-être même plus loin dans l’interrogation fondamentale sur l’essence de l’humanité. Dans une période de matraquage médiatique et politique sur l’intelligence artificielle, il n’est pas vain de se replonger dans les approches philosophiques du sujet datant d’avant l’internet mondialisé. De s’armer d’œuvres qui réfléchissent sur ce qu’on considère comme « être vivant » dans un monde d’informations instantanées et de désir transhumaniste.



