Le Triangle d’or

Réalisation : Hélène Rosselet-Ruiz
Casting : Malou Khebizi, Soundos Mosbah, Ziad Bakri, Kassem Al Khoja
Scénario : Pauline Guéna, Hélène Rosselet-Ruiz

Type de film : Fiction
Pays : France, Belgique
Année : 2026
Durée : 88 mn

Sortie nationale : 29/07/2026

Mercredi 29 juillet
14:45
Mercredi 29 juillet
19:15
Jeudi 30 juillet
16:45
Vendredi 31 juillet
14:45
Vendredi 31 juillet
18:30
Samedi 01 août
16:45
Samedi 01 août
20:45
Dimanche 02 août
14:00
Dimanche 02 août
18:45
Lundi 03 août
16:15
Mardi 04 août
14:00
Mardi 04 août
20:30
Mercredi 05 août
14:15
Mercredi 05 août
19:15
Jeudi 06 août
16:15
Vendredi 07 août
17:00
Samedi 08 août
16:00
Samedi 08 août
19:30
Dimanche 09 août
16:30
Lundi 10 août
14:00
Lundi 10 août
21:15
Mardi 11 août
20:45
Mercredi 12 août
18:00
Jeudi 13 août
14:45
Vendredi 14 août
19:30
Samedi 15 août
18:00
Dimanche 16 août
21:15
Lundi 17 août
16:30
Mardi 18 août
15:00
Mercredi 19 août
17:45
Jeudi 20 août
18:00
Vendredi 21 août
21:15
Dimanche 23 août
20:20
Du 29/07/2026 au 23/08/2026 – Prochaines séances

Délimité par les Champs-Élysées et les avenues Montaigne et George V, c’est peu dire que le « Triangle d’or » n’est pas le quartier de Paris le plus populaire. Vivre dans une maison immense, n’en sortir que conduite par son chauffeur personnel, être servie à toute heure du jour et de la nuit, sortir les billets par liasses (et pas des coupures de cinq euros !), avoir sa salle de sport high-tech à domicile, sa piscine au sous-sol, une masseuse, une pédicure attitrées… C’est une idée possible du bonheur, le signe extérieur d’une incontestable réussite ou d’une ascendance fortunée. Mais l’argent peut couler à flot, quand la richesse est synonyme de prison, les barreaux, même dorés à l’or fin, n’en sont pas moins infranchissables.

Souria par exemple : sous la surveillance constante des caméras disposées dans toutes les pièces de la demeure, il lui est formellement interdit de sortir, de recevoir de la visite ou même de passer un coup de téléphone à tout autre que son bien-aimé, puissant et riche prince saoudien. Elle a bien pesé le pour et le contre et pense pour l’heure être la grande, l’heureuse gagnante de l’histoire. Pour Laura, c’est tout autre chose. Embauchée dès l’issue de son entretien pour « gérer le quotidien d’une cliente très exigeante », la jeune femme, à qui ce milieu est totalement étranger, doit se mettre dans le bain – et très vite. Elle a tout juste le temps de visiter au pas de charge l’immense habitation et d’éplucher l’épais classeur de consignes : elle est instantanément « mise à disposition », disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, au service de Madame. Pour deux cent cinquante euros par jour, au black bien sûr, Laura est prête à pas mal de sacrifices, elle qui a tellement besoin d’argent pour aider sa sœur, infirmière et jeune maman, avant de partir à l’armée. Laura a de la discipline, du mental, elle va gérer – pense-t-elle. Elle va apprendre à servir, vite, discrètement et sans poser de questions. Intégrer immédiatement les règles de conduite : en premier lieu ne surtout pas regarder Monsieur lorsqu’il est présent, ni lui adresser la parole…

Mais peu à peu, un lien fragile se tisse entre les deux jeunes femmes. Et malgré les apparences, sous le bonheur plaqué-or, Laura perçoit qu’un danger pèse sur Souria – et que les portes de la cage pourraient bien leur être fatales à toutes deux…

Pour ce premier long-métrage, Hélène Rosselet-Ruiz est partie de sa propre expérience de femme de ménage chez une riche Saoudienne. La notion d’interdit, les rapports de domination très marqués l’ont guidée pour écrire l’histoire de Souria et Laura. Domination de genre d’abord : Souria est un meuble de luxe, un objet d’apparat qui doit rester disponible aux désirs de son amant. Domination de classe ensuite : Laura doit à la fois ne pas exister, rester scrupuleusement dans l’ombre et répondre dans l’instant au moindre caprice, aux ordres les plus fantaisistes. Au travers du rapport entre Souria et Laura, la réalisatrice confronte deux féminités, deux manières différentes de l’habiter. Et si elles sont de prime abord très éloignées, une sororité salutaire parvient à éclore entre les deux femmes. Chacune ouvrant les yeux de l’autre. Il en va de même pour la violence des rapports qui se niche à tous les niveaux, chaque personnage étant prisonnier d’un masque – qu’il faut tomber pour espérer s’en sortir.

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