L’homme qui voulut être roi
The man who would be king
Réalisation : John Huston
Casting : Sean Connery, Michael Caine, Christopher Plummer, Saeed Jaffrey, Shakira Caine
Scénario : John Huston, Gladys Hill
Type de film : Fiction, Répertoire
Pays : USA
Année : 1975
Durée : 129 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 21/04/1976
C’est du cinéma grandiose, du cinéma qui nous transporte, du cinéma exaltant pour le cœur et l’esprit. Film d’aventure palpitant et sublime en même temps que réflexion désenchantée sur le pouvoir, l’amitié, l’honneur et la parole donnée, L’Homme qui voulut être roi nous entraîne vers les sommets, nous fait entrevoir l’insatiable aspiration de l’homme à la divinité et nous laisse bouleversés par le constat lucide qu’il ne parvient jamais à voler aussi haut que ses propres rêves. Rudyard Kipling, John Huston, Sean Connery / Michael Caine, Oswald Morris (c’est le directeur de la photo, son travail est génial) : une équipe de choc pour un film hors du commun, comme on n’en voit quasiment plus aujourd’hui.
Il était une fois deux aventuriers, Daniel Dravot (Sean Connery) et Peachy Carnehan (Michael Caine), avides d’une vie intense riche d’émotions démesurées, qui s’étaient liés par un pacte : ne jamais se contenter du médiocre destin du commun des mortels, partir ensemble vers le mystérieux Kafiristan pour y débusquer des trésors, y conquérir la puissance et la gloire… Avec l’engagement solennel d’assumer jusqu’au bout toutes les conséquences de leur marché.
A travers des contrées arides, suant sang et eau sous un soleil d’enfer ou cheminant péniblement dans la neige profonde, ils parviennent enfin au Kafiristan, se retrouvent à la tête d’une armée, gagnent quelques batailles… Bref l’ordinaire de l’aventurier en campagne… Jusqu’à cette flèche meurtrière que la main de Dieu, celle du Diable ou encore celle du Hasard (appelez ça comme il vous plaira) détourne de la poitrine de Daniel Dravot pour la ficher dans sa bandoulière. Signe immédiatement interprété (de travers, forcément) par les grands prêtres du lieu, familiers des manifestations divines et abasourdis de ne pas voir le sang couler de la blessure de Daniel. Et lorsqu’ils découvrent à son cou un médaillon, insigne des Francs Maçons, qui est aussi celui d’Alexandre le Grand, dernier Roi du Kafiristan, ils sont trop heureux de reconnaître en Daniel l’héritier légitime du trône. Le descendant d’Alexandre, « l’Immortel » qu’ils attendaient depuis des siècles. L’aventurier Dravot sera donc Roi et son inséparable compère Carnehan sera immédiatement bombardé son conseiller spécial, autant dire son âme damnée…
Mais ne croyez surtout pas qu’ici s’achève l’histoire. On ne s’identifie pas impunément à Dieu. Le Diable connaît parfaitement ce onzième commandement, lui qui, le premier, commit le péché suprême : plus encore que la luxure, la gourmandise ou l’envie, c’est bien l’orgueil qui changea la face de la terre et le sort des hommes… Daniel et Peachy auraient dû le savoir…


