Morlaix

Jaime Rosales

Année : 2025
Pays : France
Durée : 120 mn
VOST

Aminthe Audiard, Mélanie Thierry, Samuel Kircher
Fanny Burdino, Samuel Doux, Delphine Gleize, Jaime Rosales

15 avril 2026
17:00
16 avril 2026
11:15
17 avril 2026
20:30
18 avril 2026
16:30
19 avril 2026
20:30
20 avril 2026
17:00
21 avril 2026
14:15
23 avril 2026
14:45
24 avril 2026
14:00
26 avril 2026
13:40
02 mai 2026
11:15
03 mai 2026
20:30
(D)
27 avril 2026
20:45
28 avril 2026
17:15
29 avril 2026
11:00
30 avril 2026
17:00
Du 15/04/2026 au 30/04/2026 – Prochaines séances

C’est une véritable expérience que la vision de Morlaix. Il y a d’abord la ville, magnifique, avec son viaduc majestueux qui surplombe ses habitants. Il y a aussi un film intitulé Morlaix, tourné dans la ville de Morlaix, que nos jeunes morlaisiennes et morlaisiens vont voir dans le cinéma de Morlaix. Et chose incroyable : sur l’écran, ce sont les personnages qui se regardent vivre des fragments de leurs propres vies. C’est bien déroutant et on pourrait facilement s’y perdre.

Le monde de Gwen et de son jeune frère Hugo s’effondre à la mort de leur mère, des suites d’un cancer qui a duré trop longtemps. Si Gwen ne pleure pas, c’est parce qu’elle a déjà versé trop de larmes et qu’en ce jour, elle se sent ailleurs, comme anesthésiée et détachée. Pour traverser cette épreuve douloureuse, Gwen est soutenue par sa solide bande d’amis – et par Thomas, dont elle est profondément amoureuse. Du moins le croit-elle. L’arrivée d’un nouvel élève dans son lycée, Jean-Luc, bouleverse l’ordre des choses. Tout droit arrivé de Paris, ce garçon au charme magnétique attire la plupart des filles de la classe. Mais Jean-Luc n’a d’yeux que pour Gwen et c’est par le biais du petit frère Hugo, en manque évident d’ami, qu’il entre sans effraction dans son monde fragilisé. Sa simple présence va créer un véritable tourbillon de sentiments et sensiblement déstabiliser la jeune femme. La petite bande d’amis résiste tant bien que mal au maelstrom émotionnel et, en toute sérieuse candeur lycéenne, continue de philosopher, que ce soit sur les profondes questions de l’existence (et notamment du bonheur) ou sur les mérites comparés d’un film au sortir du cinéma. Film qui les a particulièrement troublés et touchés puisqu’il s’agit (souvenez-vous) du fameux Morlaix, qui scénarise leurs propres histoires. Mêmes prénoms, mêmes liens, mêmes situations et surtout mêmes dilemmes et questionnements : la mise en abyme est aussi troublante que fascinante. Le destin de ces jeunes est-il déjà écrit ? Un choix, un coup de tête, un engagement peuvent-ils décider de l’orientation de toute une existence ?

Avec ce film dans le film, le réalisateur Jaime Rosales s’amuse à organiser un jeu des possibles à une période, l’adolescence finissante, où certains choix décisifs, ce n’est pas un mythe, peuvent engager toute une vie. Il va même jusqu’à proposer deux fins possibles, selon le choix de Jean-Luc ou la décision de Gwen. Comme à son habitude, Rosales (on lui doit notamment Petra ou Les Tournesols sauvages) joue avec la forme : un noir et blanc froid pour accentuer la solitude et le deuil que vit Gwen ; l’apparition de couleurs néanmoins délavées à l’arrivée de Jean-Luc, pour annoncer un retour à la vie teinté d’une mélancolie persistante. Le format de l’image, également, change selon les époques – avec l’utilisation de quelques de photos fixes qui immortalisent des fragments d’existences adolescentes. « Le film s’est réalisé dans des conditions artistiques très particulières. Plutôt que de trop penser et anticiper le résultat, je me suis abandonné, avec l’équipe technique et les acteurs, à une véritable aventure artistique. C’est une aventure sans certitudes. Même pas celle d’avoir un film à la fin. C’est un film qui m’a traversé. Je ne l’ai pas exécuté. Il n’y avait pas de plan, sinon celui de se laisser guider par l’inspiration. » Plus qu’un portrait conventionnel du vertige adolescent provoqué par la découverte des émotions que peut procurer la vie, Morlaix nous apparaît comme un espace d’apprentissage et d’expérimentation. Expérimentation formelle pour nous spectateurs et apprentissage de la vie pour ces jeunes qui (se) réfléchissent, dans un véritable jeu de miroir entre la fiction et la réalité.

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Suisse / France / Rwanda – 2024
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France – 2025
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