San Babila : un crime inutile

Carlo Lizzani

Type de film : Fiction
Année : 1976
Pays : Italie
Durée : 101 mn
VOST

Casting : Daniele Asti, Giuliano Cesareo, Pietro Brambilla, Brigitte Skay
Scénario : Carlo Lizzani, Ugo Pirro, Mino Giarda

Musique d’Ennio Morricone – Copie restaurée
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Le 29 mai 2026 à 20:15 à Bordeaux.

Séance spéciale : cinéma italien et années de plomb, en présence de Jean-François Rauger, directeur de la programmation de la Cinémathèque française et auteur de Rosso sangue (Façonnage éditions)   En partenariat avec la librairie Mollat.

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À Milan, la place San Babila est devenue le territoire de jeunes néofascistes qui tuent leur ennui et leur dégoût de la société en se livrant à de nombreux méfaits. Le film détaille l’emploi du temps sur une journée d’un petit groupe de voyous désœuvrés, entre intimidations diverses et tentative d’attentat pour s’achever sur l’odieuse agression d’un couple d’étudiants militants de gauche. Le film s’inspire d’un drame survenu en mai 1975 à Milan : l’assassinat d’un jeune homme près de la place San Babila par cinq militants néo-fascistes.

« C’est sans doute parce que les transformations historiques et économiques de l’Italie s’y sont imprimées de manière spectaculaire que Milan est la ville qui a incarné le plus nettement le lieu d’un dérèglement social et criminel, jusqu’à prendre une dimension quasi conceptuelle. Carlo Lizzani montre comment la place San Babila, lieu de rencontre des jeunes néo-fascistes, est une pustule poussée sur un corps urbain déjà chroniquement malade. Un simulacre de guerre civile permanente et larvée y fait rage, au milieu de la décennie, entre groupes d’extrême droite et militants de la gauche « extra-parlementaire ». » Jean-François Rauger dans Rosso sangue

Incarné par des acteurs non professionnels, tourné sur les lieux un an après les faits, dans un contexte encore extrêmement tendu qui l’amène à recourir par moment à une caméra cachée, Lizzani s’écarte des films dossiers décortiquant ce qui a pu se passer dans les plus hautes instances (La Démocratie Chrétienne et Aldo Moro en particulier) et ignorr les figures qui structurent le corpus « années de plomb » du cinéma italien : les journalistes, les juges, les commissaires de police… San Babila reste au ras du bitume, aux côtés des petites frappes de l’agitation politique, dans un souci de réalisme semi-documentaire.

Mais ce qui en fait un film unique, c’est la scrutation qu’il mène sur ces réseaux d’extrême droite peu traités à l’écran (contrairement à l’extrême gauche), au diapason d’une désinformation réelle à l’époque. Cette cohorte de services secrets, d’hommes politiques corrompus, de généraux, de banquiers et d’anciens fascistes, tous réunis après 1945 derrière l’étendard de l’anticommunisme pour étouffer ou réprimer dans le sang toute velléité de renouveau démocratique.

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