Histoires parallèles

Réalisation : Asghar Farhadi
Casting : Isabelle Huppert, Virginie Efira, Adam Bessa, Pierre Niney, Vincent Cassel, India Hair, Catherine Deneuve
Scénario : Asghar Farhadi, Saeed Farhadi
Récompenses : Festival de Cannes 2026 Sélection officielle, en compétition

Librement inspiré du Décalogue 6 – Tu ne seras point luxurieux, écrit par Krzystof Kieslowski et Krzystof Piesiewicz

Type de film : Fiction
Pays : France
Année : 2026
Durée : 139 mn

Sortie nationale : 14/05/2026

Dimanche 31 mai
11:45
17:45
Lundi 01 juin
17:15
20:30
Mardi 02 juin
14:45
18:00
Mercredi 03 juin
17:30
Jeudi 04 juin
15:00
20:15
Vendredi 05 juin
14:45
Samedi 06 juin
15:00
20:30
Dimanche 07 juin
11:15
17:45
Lundi 08 juin
15:00
20:30
Mardi 09 juin
15:00
20:00
Mercredi 10 juin
18:00
Jeudi 11 juin
15:00
20:15
Vendredi 12 juin
14:45
Samedi 13 juin
15:00
20:45
Dimanche 14 juin
17:45
Lundi 15 juin
16:45
Mardi 16 juin
20:15
(D)
Du 31/05/2026 au 16/06/2026 – Prochaines séances

Tout débute dans une banale station du métro parisien. Deux regards se croisent, celui d’une femme, celui d’un homme… Une étrange sensation de connivence au milieu d’inconnus… Rien à partir de là ne sera ce que l’on aurait cru deviner, aucun personnage n’ira là où on l’attend. Nous voilà embarqués dans un scénario magistralement écrit avec, à son service, un casting impressionnant ! Notamment Virginie Efira, actrice plus caméléon que jamais, mouvante, émouvante, d’une beauté époustouflante. Elle crève l’écran sans toutefois éclipser ses complices de jeu.

Seconde scène, laquelle, a priori, n’a rien à voir avec la première : une écrivaine, Sylvie (insondable, vertigineuse Isabelle Huppert), cherche son inspiration en observant le monde, mais surtout… en espionnant ses voisins. Par où commence la fiction si ce n’est en exploitant le réel ? Bien peu soucieuse des convenances, obnubilée par la femme d’en face qui ressemble à sa mère telle que l’ont figée ses souvenirs d’enfance, elle lui prête les mêmes intentions, le même magnétisme (Virginie Efira, évidement !), les mêmes intrigues. Piège d’une cristallisation très proustienne : « Que connaissais-je d’Albertine ?… ». Sylvie, sans une larmichette de scrupule, d’après les gestes de sa voisine compose son personnage de roman, l’épie sans vergogne, allant jusqu’à utiliser une longue vue pour percer son intimité. Voilà notre écrivaine voyeuse qui brode un récit entre les fragments tronqués du présent et les histoires fantasmées de son passé. Il y a là, tout à la fois, quelque chose de ludique et de glaçant à la suivre dans ses délires, d’autant qu’en tant que spectatrices et spectateurs, nous pourrons faire ce qu’elle-même ne peut pas : plonger dans la réalité de l’appartement d’en face ! Nous, si lointains, avons plus de pouvoir que celle qui est la plus proche. Nous avons, par le bon vouloir du réalisateur, le privilège de découvrir l’envers du décor. Alors que Sylvie ne peut appréhender la réalité de sa voisine que par la vision, de l’autre côté de la rue, le plus important est le son ! Nina, cette femme qui l’obsède, est bruiteuse. Un autre mystère du cinéma : plus les prises de vues sont naturelles, plus elles ont souvent besoin de sons recréés artificiellement. Tandis que Nina reconstitue le flic-floc d’un troupeau pénétrant dans un lac, ses gestes sont d’une sensualité à réveiller les morts ! Ça, Sylvie le perçoit ! Par le petit bout de sa lorgnette, elle imaginera donc que les deux hommes qui travaillent avec elle (Pierre Niney et Vincent Cassel) ne peuvent s’empêcher de la convoiter l’un et l’autre…

Ce n’est qu’un début ! L’introduction d’Adam dans le récit, personnage très doux, qui vampirise son monde grâce à son imperturbable sourire, va venir, à bas bruit, bousculer l’ordre des choses. Hasards, coïncidences… tout se brouille. La réalité, laminée par un kaléidoscope invisible, va continuer de se distordre et l’arroseur pourrait bien se retrouver arrosé.

S’inspirant du génial Décalogue 6 de Krzysztof Kieślowski,(dont il reprend aussi l’un des thèmes musicaux), Asghar Farhadi nous offre un film complexe et fascinant, ouvrant dans notre cerveau tout un tas de petits tiroirs plus ou moins secrets, qu’on ne refermera pas si facilement…

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