Furcy, né libre

Réalisation : Réalisé par Abd Al MALIK
Casting : avec Makita Samba, Romain Duris, Ana Girardot, Vincent Macaigne, Micha Lescot, Frédéric Pierrot, André Marcon, Philppe Torreton
Scénario : Scénario d’Etienne Comar, librement adapté du récit L’Affaire de l’esclave Furcy de Mohammed Aïssaoui

Type de film : Fiction
Pays : France
Année : 2025
Durée : 108 mn
Version : VOST

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Furcy, esclave parmi tant d’autres, homme asservi par d’autres au milieu de ses semblables, n’a rien du héros prédestiné et c’est sans doute ce qui rend son parcours si bouleversant. Ce que le film raconte, au plus près du corps meurtri et de l’âme fière de cet homme, c’est le combat infatigable d’un être pour sa liberté, sa lutte acharnée pour retrouver sa dignité et sa place auprès de ses frères humains.

Ile Bourbon (actuelle Ile de la Réunion), 1817. Le jour où il apprend que sa mère, esclave affranchie avant sa naissance, faisait de lui un homme libre depuis toujours, tout vacille pour Furcy (Makita Samba). « Né libre » : deux mots qui changent tout. Il décide d’intenter un procès à son maître, Joseph Lory, pour faire valoir ses droits. Commence alors un parcours semé d’obstacles, d’espoirs déçus, de lenteurs insupportables, de méandres juridiques et administratifs. Deux figures masculines vont encadrer ce combat : d’un côté, le « maître » (Vincent Macaigne), héritier paresseux d’un système qu’il ne remet jamais en question, persuadé que l’ordre des choses suffit à justifier l’injustice. Ce n’est pas un tyran, il se croit même bon envers celui qu’il considère « presque comme un fils », mais il est enfermé dans sa propre inertie morale, dans sa suffisance d’homme blanc fortuné et puissant. De l’autre, Boucher, l’avocat venu de métropole (Romain Duris), animé par un mélange d’idéalisme, de sincérité et parfois d’arrogance, qui voit dans la défense de Furcy autant un combat juridique qu’un défi lancé à l’ordre colonial. Leur présence respective autour du protagoniste principal forment comme un étau, oppressant, étouffant, infantilisant. Furcy va naviguer entre ces deux pôles, cherchant inlassablement son propre chemin, car la liberté est aussi à ce prix : ne jamais se laisser définir ni instrumentaliser par le regard de l’autre, quelles que soient ses intentions à son égard.
Les années passent, les démarches s’accumulent, les humiliations aussi, mais Furcy continue d’avancer, même brisé, même enchaîné. En 1847, enfin, après un procès médiatisé, la Cour royale de Paris tranche… `

« Ça parle de nous, toutes et tous. C’est l’histoire de l’esclavagisme mais pour moi, Furcy, né libre est davantage un film sur son abolition. Et la réalité est que je m’adresse aux humains que nous sommes. Aimé Césaire disait : “Noir comme un département de l’humanité”. Et moi, je pars du fait que je suis noir et que c’est mon histoire, comme on peut partir du fait qu’on est femme, comme on peut partir du fait qu’on vient de tel milieu socio-culturel favorisé ou défavorisé, etc. La réalité, c’est que je parle de tous et à tous. L’Histoire est ce qu’elle est. Il y a un pays, le nôtre, la France, qui se construit sur le droit, et, de jurisprudence en jurisprudence, on en arrive à aujourd’hui, avec cette idée d’égalité entre les Humains. C’est ce processus que je voulais raconter, dire comment quelqu’un qui a un statut d’esclave met le colon ou le civilisateur face à sa responsabilité, puisqu’il se proclame garant de la civilisation et du droit. À un moment il faut être cohérent avec tout ça, jusqu’au bout. Et ça, ça vaut à l’époque de Furcy, mais aujourd’hui aussi ! » Abd Al Malik

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