Amélie et la métaphysique des tubes

Réalisation : Réalisé par Maïlys VALLADE et Liane-Cho HAN
Scénario : Scénario de Liane-Cho Han, Aude Py, Maïlys Vallade et eddine Noël, d’après le roman Métaphysique des tubes d’Amélie Nothomb

Type de film : Animation
Pays : France
Année : 2025
Durée : 77 mn
Version : VOST
Jeune Public : Oui

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Et revoilà de l’Animation avec un grand A et toutes ses lettres de noblesse, plus quelques clins d’œils adressés aux plus grands maîtres japonais, de Hayao Miyazaki à Isao Takahata… Une merveille de film donc, au même titre que Flow l’été dernier mais dans un tout autre style, avec en prime la richesse et l’humour incisif du texte d’Amélie Nothomb. Mais nul besoin d’être des connaisseurs de l’œuvre de l’écrivaine belge pour goûter pleinement cette formidable adaptation de son célèbre roman Métaphysique des tubes, publié en 2000. Au contraire peut-être, car celles et ceux qui chercheront le mot-à-mot intégral risquent d’êtres pris dans le piège de leurs souvenirs : ne pas projeter dans le film le livre que l’on connaît. Il faudrait aborder toute œuvre la cervelle purifiée, vierge de références, car à chaque art ses exigences, le temps s’y déploie sur un autre rythme et oblige à traiter différemment le même récit. Pour aboutir au même ressenti, il faut parfois trouver les images qui exprimeront les choses mieux que les mots, travailler le son avec une précision d’orfèvre, faire des choix drastiques entre les situations et les personnages que l’on met en avant… Ici, par exemple, la figure du père a perdu de son importance par rapport au roman, au profit de Nishio-San, jeune femme qui incarne un Japon progressiste, moderne, et devient la principale compagne de jeu et mentor de la petite Amélie Nothomb.

Mais n’allons pas trop vite en besogne… Car, au commencement, il n’y a rien… Rien, à part… un tube ! Eh oui, c’est ainsi qu’Amélie se voit lors de son irruption sur terre, comme une espèce de Sainte Trinité qui oscillerait entre un simple tube (à peine digestif), un légume amorphe (surnommé la plante) et… Dieu, en toute simplicité, bien sûr (tant qu’à y être) ! Pas trace de petite fille-là dessous. Les deux premières années de son existence, elle les passera dans un état végétatif dont son entourage devra se contenter après s’en être beaucoup inquiété puis désespéré. Impossible de parvenir à attirer l’attention du nourrisson, ni d’obtenir la moindre réaction. Les parents piteux essaieront même de l’affamer pour qu’elle réclame, mais comprendront bien vite que même la faim ne fera pas sortir le petit être de sa tanière… Même au bord de la déshydratation, nul cri, nul pleur, nul gazouillis n’émergeront de la silencieuse créature. Il y eut des bébés plus encombrants…

C’est alors que plus personne n’y croit que le miracle se produira, par la grâce d’une barre de chocolat blanc… et belge bien sûr ! Une barre tellement parfaite que si on la voyait se transformer en monolithe façon 2001 l’Odyssée de l’espace, on n’en serait pas surpris plus que ça ! Cet instant de béatitude parfaite éveille non seulement les papilles de la petite fille, mais l’intégralité de ses sens et de son intérêt pour l’univers. Dès lors elle se décide à prononcer son premier mot, qui ne sera pas le très attendu « maman » ou « papa », mais tout simplement « aspirateur ». Décidément Amélie n’en finira jamais d’étonner son monde ! À partir de là, c’est une curiosité inextinguible qui la fera gambader sous l’aile des cerisiers qui explosent de fleurs. C’est le printemps, le « hanami », tout semble pétiller de vie. Poursuivre les animaux, les observer dans les champs, suivre l’appel de la nature, dans les pas de Nishio-San, ses sourires, sa jovialité, sa philosophie de vie. Amélie dès lors n’aura de cesse de se laisser apprivoiser par ce pays paradisiaque, se découvrant à son tour « japonaise »… Nous voilà immergés à hauteur d’enfant en 1970, dans les montagnes du Kansai, les fêtes du village de Shukugawa… C’est drôle, c’est mélancolique, c’est d’une beauté renversante… Une absolue réussite !

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