Les 400 coups
Réalisation : Écrit et réalisé par François TRUFFAUT
Casting : avec Jean-Pierre Léaud, Claire Maurier, Albert Remy, Guy Decomble, Patrick Auffay
Type de film : Fiction
Pays : France
Année : 1959
Durée : 93 mn
Version : VOST
Jeune Public : Oui
Le premier long métrage de François Truffaut, directement inspiré de ses souvenirs d’enfance. La rencontre avec Jean-Pierre Léaud, son double de cinéma. Le début de la saga Doinel…
Les 400 coups a 45 ans. Il paraît que Truffaut est mort (« François est peut-être mort. Je suis peut-être vivant. Il n’y a pas de différence, n’est-ce pas », signé Jean-Luc Godard). Nous avons tous vieilli. Le film, non.
Après avoir tourné Les Mistons, François Truffaut a l’intention d’écrire une série de sketches, tous centrés sur l’enfance. Il a déjà le titre du premier : La fugue d’Antoine, qui raconte l’histoire d’un adolescent qui, parce qu’il a menti à l’école, n’ose plus rentrer chez lui et passe la nuit dehors, dans Paris.
Truffaut décide ensuite d’étoffer l’histoire et d’en faire un long métrage, en concentrant dans un seul film plusieurs scènes de la vie d’un gamin de treize ans. Il travaille par fiche, chacune ayant un titre : Antoine à l’école, Antoine chez lui, ou Antoine dans la rue…
À bien des égards, Antoine est le sosie de l’adolescent que fut François Truffaut. Comme Truffaut, Antoine n’est pas bon élève, il aime faire l’école buissonnière, il lui arrive de mentir, d’être puni et de trafiquer des mots d’excuse. Doinel adore lire, surtout Balzac, et aller en cachette au cinéma dans les nombreuses salles de Pigalle et de la place Clichy, là où Truffaut a vécu son enfance… Comme Truffaut encore, Antoine passera une nuit au commissariat, avant d’être enfermé dans un centre pour mineurs délinquants. Tout cela, Truffaut l’a vécu, et il n’a rien oublié… « Rien n’est inventé, dira-t-il. Ce qui ne m’est pas arrivé, à moi personnellement, est arrivé à des gens que je connais, à des garçons de mon âge et même à des gens dont j’ai lu l’histoire dans les journaux. »
Le tournage commence le 10 Novembre 1958, à Paris bien sûr, du côté de la Butte Montmartre. Le soir même, le critique André Bazin, que Truffaut considère comme son père adoptif, meurt d’une leucémie à l’âge de 40 ans. Profondément ému, Truffaut dédie son film à Bazin, qui co-fonda Les Cahiers du Cinéma en 1951. Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes le 4 Mai 1959, Les 400 coups reçoit un accueil vibrant et gagne le Prix de la Mise en scène. Le film sort en salles dans la foulée, le 3 Juin 1959 et remporte un vrai succès. Truffaut, ex-critique virulent et exalté, est devenu un cinéaste et a gagné une véritable indépendance économique. Après Les Cousins de Chabrol et Hiroshima mon amour d’Alain Resnais, et juste avant À bout de souffle que Godard s’apprête à tourner, la nouvelle vague déferle, la jeunesse part à la conquête des écrans…



