Fatna, une femme nommée Rachid
Réalisation : Hélène Harder
Scénario : Hélène Harder
Type de film : Documentaire
Pays : Maroc, France
Année : 2025
Durée : 93 mn
Version : VOST
Dans les sous-sols des Archives du Royaume, à Rabat, des milliers de dossiers dorment encore, silencieux témoins des disparitions, détentions arbitraires et tortures qui ont marqué les années de plomb au Maroc. Parmi ces traces anonymes figure le nom de Fatna El Bouih, arrêtée à 21 ans, disparue puis torturée pendant les années 1970.
Près d’un demi-siècle plus tard, sa trajectoire continue de défier l’oubli. C’est cette continuité, ce fil tendu entre la jeune militante brisée par le système et la femme de 67 ans qui porte encore « un rêve politique intact », qu’Hélène Harder a choisi de filmer. Le documentaire trouve rapidement son ancrage dans l’action militante d’aujourd’hui. Hélène Harder a suivi pendant plusieurs années Fatna dans les couloirs de la prison d’Oukacha, à Casablanca, là où l’ancienne détenue politique organise un festival de cinéma pour les mineurs incarcérés. En révélant la continuité entre les blessures d’hier et les fragilités actuelles – répression de mouvements des jeunes, restrictions persistantes dans l’espace public – Fatna, une femme nommée Rachid (ce prénom masculin lui a été infligé par ses tortionnaires) interroge le présent autant qu’il exhume le passé. Et rappelle que toute société a besoin de voix comme celle de Fatna : des voix qui refusent l’oubli, qui bousculent la norme, qui résistent en se transmettant. (Yassine Elalami – L’Opinion)



