La Bola Negra

Réalisation : Javier Calvo, Javier Ambrossi
Casting : Guitarricadelafuente, Miguel Bernardeau, Carlos González, Milo Quifes, Lola Dueñas, Penélope Cruz, Glenn Close
Scénario : Javier Calvo, Javier Ambrossi, Alberto Conejero
Récompenses : Festival de Cannes 2026 – Prix de la Mise en scène

Inspiré du roman inachevé de Federico Garcia Lorca

Type de film : Fiction
Pays : Espagne, France
Année : 2026
Durée : 155 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 16/12/2026

Avant-première
Lundi 02 novembre à 19:30 à Bordeaux.

Ouverture du FIFIB – tnba En présence de l’équipe du film

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Il ne faut rien lire sur ce film avant de le voir… Lire ou relire les poèmes et les pièces de Federico Garcia Lorca, ses écrits de jeunesse, ses chansons ? Pourquoi pas… mais rien ne vous préparera au séisme émotionnel qui vous attend. Que peut-on en dire sans désamorcer l’explosion ?

La guerre civile espagnole est une tragédie sanguinaire et macabre. Les crimes contre l’humanité y sont aussi nombreux que les soldats de la Légion et de la Phalange réunis. Le franquisme est un fascisme patriarcal qui extermine celles et ceux qui n’entrent pas dans ses rangs, les Républicains, les antifascistes, les humanistes… Les homosexuels en font partie et Federico Garcia Lorca a bien été assassiné parce qu’il était tout cela à la fois, par des miliciens nationalistes, le 19 août 1936 entre Viznar et Alfacar : son corps n’a toujours pas été retrouvé… Cet assassinat est une tentative d’effacement qui a échoué car l’œuvre de Garcia Lorca l’inscrit dans une éternité esthétique qu’aucun fascisme ne peut dissoudre. C’est cette éternité que fait surgir le film de Javier Calvo et Javier Ambrossi (Los Javis) à partir du seul roman qu’il a écrit, un roman inachevé, La Bola negra.

Le défi était immense : comment prolonger l’œuvre inachevée d’un immense poète dont la vie fut fauchée par la haine alors qu’il n’avait que 38 ans ? Se sont-ils inspirés d’un vers, de ces quelques mots de Federico, « Rien n’est plus vivant qu’un souvenir » pour faire triompher tout au long du film la poésie sur le chaos, la beauté sur l’horreur, la vie sur la mort ?

Les personnages, souvent à bout de souffle, sont eux aussi inachevés mais ils trouvent dans le souvenir de la vie d’un homme une planche de salut, le souffle d’une rédemption rendue possible par la transmission d’une histoire sans fin. Ils doivent continuer, résister, aller jusqu’au bout… de l’Histoire et de leur histoire. La guerre civile irrigue la terre de sang et y sème des traumatismes qui vont noircir les racines pendant plusieurs générations : dans le film, trois générations, des années 1930 à nos jours. Mais rien n’est perdu tant que le souvenir de la liberté respire.

Dans La Bola negra, le crépuscule est une aube, la lumière perce les ténèbres à chaque instant, à chaque image : éclairer le monde est une lutte permanente du jour contre la nuit, du blanc contre le noir – boule blanche, boule noire. Cette dualité sol y sombra traverse aussi la psyché des personnages. Quand tout vacille, quand l’humanité quitte les hommes, rien n’est jamais tout noir, rien n’est jamais tout blanc. C’est gris, gris foncé, sombre : ne pas sombrer, résister, assumer, pas facile pour tout le monde, même la lâcheté demande du courage.

Alors que l’extrême droite gagne du terrain en Espagne comme partout ailleurs en Europe, Los Javis nous donnent avec La Bola negra une raison de ne pas baisser les bras et de ne pas abandonner les désespéré·e·s à la nostalgie du franquisme, du nazisme, du fascisme, du pétainisme… La Bola negra est un manifeste poétique et politique dont la beauté nous inspire en nous coupant le souffle.

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