À jamais les premières

Pioneras : Solo querían jugar

Réalisation : Marta Díaz De Lope Díaz
Casting : Daniel Ibáñez, Aixа Villagrán, Sofía De Iznájar, Bruna Lucadamo, Elena Irureta
Scénario : Zebina Guerra, Marta Díaz De Lope Díaz

Type de film : Fiction
Pays : Espagne
Année : 2026
Durée : 106 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 11/11/2026

« Quelle est la meilleure façon pour une femme de servir son pays ? Être une épouse et une mère. Être une fée du logis. C’est notre fierté et notre honneur. » Quel beau discours déclamé à une assemblée de jeunes filles de l’école catholique de Madrid ! Dans l’Espagne franquiste de 1970, le programme du service social féminin a le vent en poupe : il faut apprendre fissa à toutes ces donzelles comment devenir la femme parfaite ! Dans le parcours éducatif, toute la place est donc donnée à l’apprentissage de la couture, du ménage, de la cuisine et de tout le tralala supposément indispensable aux femmes. Nati a bien du mal à ne pas rêvasser à l’écoute de ce tissu d’âneries. Et ce qu’elle voit par la fenêtre de la classe l’intéresse beaucoup plus : les garçons du quartier qui jouent au football. Ah, le football ! Nati adore ça et n’hésite pas, malgré les remontrances systématiques de sa mère, à rejoindre les garçons après les cours. Ça ne se fait pas pour une jeune fille bien élevée, mais qu’est-ce qu’elle est douée avec un ballon ! Qu’est-ce qu’elle se sent épanouie et heureuse dans ces moments-là ! Elle va bientôt rejoindre d’autres filles qui se retrouvent en secret pour échanger quelques balles : Belén, qui pour le coup a la chance d’être soutenue par son père ; María, défenseuse hors pair ; Pepa, la gardienne de but qui ne laisse rien passer, la clope au bec en toutes circonstances… et quelques autres… C’est ce groupe de filles déterminées qui va attirer l’attention de Javier Poga, jeune entraîneur et organisateur de matchs. Toujours à la recherche d’un nouveau concept pour attirer les foules – et donc l’argent –, Javier a la riche idée d’organiser une rencontre de foot féminin. Malgré les huées, les remarques salaces, les insultes de la part d’hommes qui souvent ont la langue trop bien pendue et le verbe trop haut – pour compenser sans doute la taille de l’attribut qu’ils considèrent comme le plus important de leur anatomie –, le match a bel et bien lieu. Et la plupart des spectateurs de constater que ces filles jouent fichtrement bien ! Qu’elles offrent même un spectacle plus attrayant que leurs homologues masculins, qui depuis quelque temps ne valent pas tripette… Si bien qu’une idée germe rapidement dans l’esprit du visionnaire audacieux qu’est Javier : créer la première équipe nationale de football féminin ! Et cette idée follement novatrice, il n’aura de cesse de la mettre en œuvre, malgré les embûches – trouver un terrain, résister aux médecins qui proclament que le foot peut nuire aux capacités de procréation des joueuses, et surtout vaincre les préjugés de cet imbécile de président de la fédération nationale qui considère que le football pratiqué par des femmes, ce n’est vraiment pas esthétique ! Autant dire que l’aide de la géniale Edelmira, journaliste sportive obligée d’écrire sous un nom d’emprunt masculin et enthousiasmée par le projet, va être plus que bienvenue…

Cet épatant À jamais les premières, tiré d’une histoire tout ce qu’il y a de véridique, ne traite pas seulement des exploits sportifs de ces pionnières du football féminin, mais aussi et surtout d’un exploit social de la part de ces jeunes femmes qui ont dû briser les codes de leur époque pour pouvoir simplement faire ce qu’elles aimaient. Un pas sur le chemin vers la liberté que les femmes ont dû parcourir dans tous les domaines, qu’il s’agisse de la vie professionnelle, sentimentale ou sportive. Et même si le récit se déroule en 1970, il résonne encore tristement aujourd’hui, et nous rappelle que pour bien des femmes, briser les stéréotypes sexistes moyenâgeux et aller à contre courant demande beaucoup de courage et de ténacité.

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