L’affaire Marie-Claire

Réalisation : Lauriane Escaffre, Yvo Muller
Casting : Charlotte Gainsbourg, Cécile de France, Grégory Gadebois, Sarah Suco, Saül Benchetrit, Florence Loiret-Caille
Scénario : Lauriane Escaffre, Yvo Muller

Type de film : Fiction
Pays : France
Année : 2026
Durée : 102 mn

Sortie nationale : 04/11/2026

Pas d’horaire trouvé à Bordeaux
Mercredi 25 novembre
20:00
Jeudi 26 novembre
18:15
Vendredi 27 novembre
14:00
Samedi 28 novembre
20:15
Dimanche 29 novembre
14:00
Lundi 30 novembre
17:15
Mardi 01 décembre
16:00
Mercredi 02 décembre
14:45
Jeudi 03 décembre
18:30
Vendredi 04 décembre
20:15
Samedi 05 décembre
18:15
Dimanche 06 décembre
14:15
Lundi 07 décembre
20:30
Mercredi 09 décembre
18:00
Vendredi 11 décembre
20:30
Dimanche 13 décembre
15:00
Lundi 14 décembre
16:10
Mardi 15 décembre
14:00
Du 25/11/2026 au 15/12/2026 à Palmer – Prochaines séances

Il y avait là, en ce jour de novembre 1972 au tribunal de Bobigny, Simone de Beauvoir, Delphine Seyrig, Françoise Fabian… Et puis Simone Iff, vice-présidente du Planning familial, Claude Servan-Schreiber, journaliste proche du mouvement Choisir. Il y avait là tant de femmes, anonymes, des jeunes, des moins jeunes. Des « ménagères » comme on les appelait alors, des mères célibataires, des ouvrières, des étudiantes, des filles-mères. Il y avait quelques-unes des 343 salopes et toutes les autres, invisibles. Celles qui avaient eu recours à des avortements clandestins et portaient en elle la trace de la honte, en silence. Quelques-unes parmi les 500 condamnées de cette année 1972 au titre de l’article 317 du Code pénal, réprimant l’avortement. Et puis il y avait aussi quelques hommes : les biologistes Jacques Monod et Jean Rostand, le médecin Paul Milliez, Michel Rocard et le grand Aimé Césaire.

Mais pour l’histoire, pour la mémoire, il y eut surtout Gisèle Halimi. Avec ce procès hautement symbolique, elle deviendra celle qui eut le courage de s’opposer à un système patriarcal croyant pouvoir éternellement disposer du corps de « la moitié de l’humanité », mais elle fut surtout cette avocate visionnaire qui comprit très vite qu’une histoire individuelle, celle de Marie-Claire et de sa mère, pouvait devenir l’étendard d’une cause juste, et le levier nécessaire pour briser une loi rétrograde.

L’Affaire Marie-Claire raconte donc le combat d’une femme de conviction, intègre, acharnée, bête de travail, connaissant parfaitement les rouages du système et les codes de ce vieux monde bourgeois d’hommes plus ou moins puissants, avides de petits ou de grands pouvoirs politiques ou médiatiques. Gisèle Halimi a su utiliser la presse pour médiatiser son combat, elle a su s’appuyer sur les collectifs et associations féministes pour étoffer sa défense et a réussi le tour de force de replacer la femme, son corps, sa liberté au cœur des débats.

De facture très classique, le film nous plonge dans les coulisses de cet historique procès : de la rencontre entre Gisèle Halimi avec la jeune Marie-Claire, qui fut violée à l’âge de 16 ans et avorta avec le soutien de sa mère, à la plaidoirie finale (le scénario du film reprend au mot près le texte puissant de Maître Halimi), en passant par les doutes sur la stratégie à adopter et les questionnements plus personnels de celle qui connut une trajectoire hors du commun – quel parcours, depuis sa naissance à La Goulette, en Tunisie, jusqu’à sa carrière d’avocate engagée ! Film de procès et film d’époque en même temps, le récit est porté par son sujet, qu’il honore parfaitement. Si l’interprétation de Charlotte Gainsbourg peut parfois sembler un peu hésitante, comme dépassée par le poids et le charisme d’un tel personnage – qui voua sa vie à des causes essentielles comme le droit des femmes et des peuples opprimés –, on est très vite captivé par la mécanique judiciaire et surtout par l’action de cette femme exceptionnelle qui eut cette phrase puissante à la toute fin de sa plaidoirie : « Messieurs, il vous appartient aujourd’hui de dire que l’ère d’un monde fini commence ». Un film à montrer – tout particulièrement à la jeunesse en lutte – pour dire aussi, à l’heure où les municipalités d’extrême droite coupent les budgets des associations qui soutiennent les droits des femmes, que rien n’est jamais acquis pour l’éternité.

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