Rétrospective Jacques Tati
Du 22/07/26 au 01/09/26
Mon oncle
Réalisation : Jacques Tati
Casting : Jacques Tati, Jean-Pierre Zola, Adrienne Servantie, Alain Bécourt, Lucien Frégis
Scénario : Jacques Tati, Jacques Lagrange, Jean L’Hôte
Récompenses : Oscar 1958 du Meilleur Film Étranger
Type de film : Fiction, Répertoire
Pays : France
Année : 1958
Durée : 116 mn
Jeune Public : Oui
Âge minimum : 8 ans
Décidément, le génial Jacques Tati ne finira jamais de nous émerveiller et de nous surprendre. Après la somptueuse réédition de Jour de Fête qui, pour notre plus grand bonheur, vous a fait courir cet été, c’est au tour de Mon oncle de revenir, tout restauré, tout nettoyé, tout de frais numérisé, sur nos écrans. Satire mordante, invention délirante et poésie tendre, Mon Oncle a la perfection burlesque des Vacances de M. Hulot et porte en germe l’aboutissement que sera Playtime (c’est le sommet de l’art de Tati). On ne peut que vous redire, pareil : retrouvailles, découverte, partage, donc, c’est selon. Mais à l’arrivée, immanquablement, pour tous, un pur instant de bonheur. Parents, faites partager à vos enfants ce bonheur-là. Enfants, rouvrez les yeux de vos parents sur ce trésor-là. Tati devrait être remboursé par la Sécurité Sociale.
Monsieur Hulot est rentré de vacances, il retrouve son petit appartement sous les toits, dans son petit quartier populaire de Saint-Maur : séquence magnifique, qui revient en leitmotiv, du dégingandé Hulot regagnant son « home-sweet home » à travers le dédale des couloirs et des escaliers, avec cette musique guillerette qui vous trottera dans la tête pendant des semaines…
Il retrouve aussi son neveu préféré, un môme épatant qui aurait toutes les chances de faire un futur adulte fort convenable s’il n’était accablé d’une paire de parents apocalyptiques : lui gros et gras industriel m’as-tu-vu, engoncé dans des costumes aussi étriqués que son esprit ; elle grosse dondon d’intérieur qui se pâme devant les gadgets inutiles de sa maison « design »… Il faudra bien toute la fantaisie, toute la poésie subversives de son oncle pour épargner à l’innocent le châtiment suprême de ressembler à ses géniteurs !
« Il n’y a pas de message dans mon film. Cependant, je peux dire que je suis frappé par l’indifférence du monde moderne. Que signifient la réussite, le confort, le progrès si personne ne connaît plus personne, si l’on enlève les immeubles faits à la main pour les remplacer par du béton, si l’on déjeune dans des vitrines au lieu de se retrouver dans des petits restaurants où l’on a envie de parler, si l’épicerie ressemble à la pharmacie, si l’on change le modèle de sa voiture pour le plaisir d’avoir des feux rouges différents et de nouvelles poignées ? » Jacques Tati, Le Monde, 24 Avril 1958

Rétrospective Jacques Tati
Intégrale des longs métrages
Cinéaste de la modernité, de la poésie et des bruits du quotidien, Jacques Tati réinvente véritablement le cinéma de comédie à la fin des années 1940, en observant le monde autour de lui. Héritier du burlesque, inventeur de formes, Tati joue du détail, porte son regard amusé sur la réalité. Géométrique, musicale, sa mise en scène, d’une modernité sidérante, est celle d’un métronome, qui lui permet d’enregistrer les soubresauts de l’époque : industrialisation, design, architecture. Il a le corps élastique, dont il use comme d’un instrument (son Monsieur Hulot est gauche et gracieux) et le gag acéré, manière d’interroger la société et l’espace. Six longs métrages dont cinq chefs-d’œuvre impérissables, qui ont éclairé trois décennies, de François le facteur (Jour de fête) au visionnaire Playtime, jusqu’au codicille nostalgique de Parade. Cinéaste exigeant et perfectionniste, Tati aurait sans aucun doute aimé que ses films soient vus ou revus dans ces versions restaurées en 4 K qui permettent d’en apprécier le moindre détail, le moindre son, le moindre gag. Jour de fête, Les Vacances de Monsieur Hulot et Mon oncle sont évidemment visibles en famille avec les enfants à partir de 6/7 ans.




