Spider

Réalisation : David Cronenberg
Casting : Ralph Fiennes, Miranda Richardson, Gabriel Byrne, Lynn Redgrave, John Neville
Scénario : Patrick Mc Grath

Type de film : Fiction, Répertoire
Pays : Canada, GB
Année : 2002
Durée : 98 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 13/11/2002

Soirée-débat
Mardi 20 octobre à 20:15 à Bordeaux.

Ciné-psy Soirée organisée par l’Association des Internes de Psychiatrie de Bordeaux Projection suivie d’un débat avec Clélia Quiles, Professeur des Universités, Praticienne Hospitalière en psychiatrie, Jean-Arthur Micoulaud- Franchi, Professeur des Universités, Praticien Hospitalier en psychiatrie et médecin du sommeil, Krystal Blain, psychologue à l’Hôpital Charles Perrens, et Marguerite Vappereau, docteure en études cinématographiques

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Une vie qui se déroule, s’enroule, se tisse et se défait autour d’un trou béant, un vide existentiel dans lequel s’engouffrent passé et présent, fantasmes et réalité, cauchemars et illusions. Un homme pris dans les filets de sa propre terreur, cherchant inlassablement un sens à ses souvenirs, construisant et déconstruisant les bribes de son histoire pour tenter d’y survivre… Bienvenue dans l’univers inquiétant, déconcertant, fantastique et psychanalytique de David Cronenberg. Bienvenue dans l’inconscient de Spider, dans sa folie, son histoire, ses traumatismes, accompagné par ses démons.

Comme toujours chez le cinéaste canadien, on se frotte à un monde où la notion du réel, du vrai, du vécu ne peut être que relative : c’est l’idée que s’en fait le personnage qui, seule, mérite notre attention. Comme l’écrivain du Festin Nu est persuadé que sa femme est un mille-pattes, comme les joueurs d’ExistenZ croient dur comme fer aux réalités engendrées par le virtuel, le héros de Spider tisse sous nos yeux la toile d’une réalité inextricablement mêlée à la folie qui l’emprisonne, une folie qui crée sa propre vérité, une folie intimement liée à son roman familial.
Pas facile donc de se frayer un chemin dans les méandres de cette schizophrénie qui impose à Spider ses exigences, ses caprices :faire en sorte que chaque geste du quotidien soit exécuté comme s’il était essentiel à sa survie, cristalliser d’une écriture calligraphique aussi compulsive qu’illisible pensées, souvenirs, événements sur des cahiers secrets, et surtout, ne jamais être tranquille, ni serein, ni heureux ; laisser son corps tout entier en pâture à cette ogresse qui avale la mémoire pour tenter de recracher un sens dans ce temps confus du présent. Spider vient de passer une vingtaine d’années dans un hôpital psychiatrique. Il revient à Londres, dans le quartier de son enfance, pour intégrer un centre de post-cure.

C’est à quelques rues de là qu’enfant, il a vécu le drame qui a brisé sa vie. Il s’en souvient comme si c’était hier : il n’avait pas douze ans lorsque son père, porté sur la bouteille, a tué avec l’aide de sa maîtresse, prostituée de bas étage, sa mère. De retour sur les lieux du drame, Spider replonge dans ses souvenirs… sa mère si belle, si douce, si aimante ; son père froid et violent, et Yvonne, poupée désarticulée sans charme ni grâce dont la bouche outrageusement peinte ne connaissait que la vulgarité.

Mais qui a vraiment tué la mère ? Qui fantasme sur le corps de la putain ? Quelles sinistres pensées dissimulent le décor de la scène primitive, cette scène d’un crime odieux scellant le traumatisme du jeune Spider ?

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