Les Guerriers de l’Apocalypse
Sengoku jieitai
Réalisation : Kosei Saito
Casting : Sonny Chiba, Isao Natsuyagi, Haruki Kadokawa
Scénario : Toshio Kamata
Type de film : Fiction, Répertoire
Pays : Japon
Année : 1979
Durée : 139 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 31/03/1982
Visible enfin dans sa version définitive, Les Guerriers de l’Apocalypse, bizarrerie au budget record devenu culte, fut réalisé en réponse aux blockbusters de science-fiction étatsuniens de l’époque. Cette superproduction insolite s’offre le luxe de confronter deux époques séparées de quatre siècles au Japon, donc de mélanger chanbara (film de sabre) et tokusatsu (film à effets spéciaux) militaire.
Prise dans une faille temporelle, une unité des Forces japonaises d’auto-défense se retrouve mystérieusement transportée dans le passé. Équipés d’un char de combat, d’une jeep et d’un hélicoptère, les hommes du lieutenant Iba (Sonny Chiba) découvrent qu’ils ont atterri en pleine époque Sengoku, la violente période précédant l’unification du Japon. Alors qu’ils sont entraînés dans les guerres intestines qui déchirent le pays au 16e siècle, ils sont bientôt tiraillés entre le souhait de regagner leur Japon d’origine et celle de changer le cours de l’Histoire.
La grande affaire du film est visuelle, spectaculaire et, avouons-le, ludique : représenter la lutte inégale – mais dans quel sens ? – entre une unité militaire de 1979 et une armée de l’époque Sengoku. Cependant, le film ne se réduit pas à ses qualités de grand film d’action. A la démesure de son tournage s’ajoute celle de son personnage principal, le d’abord raisonnable lieutenant Iba, vite dépassé par l’exercice de sa propre puissance, rendu au vertige de devenir l’un des grands hommes de l’Histoire en marche. Véritable clé de voûte du film, son interprète Sonny Chiba (The Street fighter, Super Express 109 ou encore le Hattori Hanzo de Kill Bill), alors au sommet de sa carrière, assure aussi la direction des scènes d’action.
En filigrane se dessine la métaphore du paradoxe d’un archipel alors sans armée officielle, dont la seule force militaire réside dans ses Forces d’auto-défense du Japon (Jieitai). Pour autant, difficile de réduire Les Guerriers à un film pro-militarisation. Son titre original, Sengoku Jieitai, littéralement « Les Forces d’auto-défense de Sengoku », éclaire l’idée secrète derrière cette étrange intrigue : celle d’un pays contraint depuis la constitution héritée de sa défaite à s’inventer des récits militaires anachroniques.



