Les Braves
Coward
Réalisation : Lukas Dhont
Casting : avec Emmanuel Macchia, Valentin Campagne, Willem De Schryver, Jonas Wertz
Scénario : Lukas Dhont, Angelo Tijssens
Type de film : Fiction
Pays : Belgique, France, Pays-Bas
Année : 2026
Durée : 128 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 18/11/2026
Mardi 03 novembre à 21:00 à Bordeaux.
Avant-première fiction – tnba En présence de l’équipe du film
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Après avoir remporté la Caméra d’or avec Girl en 2018, et le Grand Prix avec Close en 2022, le cinéaste belge Lukas Dhont était de retour pour la deuxième fois en Compétition au Festival de Cannes de mais dernier avec une histoire d’amour, d’amitié et d’art en temps de guerre.
Le film suit Pierre, très jeune homme arrivant à l’arrière du front en 1916. A l’orée de l’âge adulte, il découvre simultanément l’horreur de la guerre, et la force des relations humaines. Le champ de bataille est un lieu extrêmement hiérarchisé, il y a les hommes qui sont au front, ceux qui gèrent les tâches quotidiennes de la logistique. Et puis il y a la Bande des rejetés, écartée des combats pour cause de blessure ou d’inaptitude, qui assure le divertissement des troupes, montant des spectacles avec les moyens du bord, moments suspendus dans le temps des combats, injectant de la beauté dans le chaos. C’est Francis qui mène la troupe, soldat fluet au charisme troublant. Pierre et Francis nouent rapidement une relation particulière, irrésistiblement attirés l’un par l’autre, comme aimantés au cœur de la tempête. Au fil des jours d’attente et des nuits d’effroi, l’amour les surprend. Plongés dans le présent absolu de leurs sentiments, ils prennent bientôt conscience que cette aventure née en des temps extraordinaires pourrait résister à s’écrire dans le futur. Avec Les Braves, Lukas Dhont orchestre une forme de résistance à la laideur du monde par la beauté. Dans cette guerre, l’une des plus absurdes de l’Histoire, il cherche la lumière qui jaillit dans les interstices, le geste d’un garçon qui apaise la douleur d’un autre, la force vitale de leur jeunesse qui se heurte à la mort omniprésente, et la force aussi que l’on puise dans le collectif, et dans l’autre. Et puis il y a l’art, sa puissance cathartique et consolatrice, chanter faux mais ensemble, à l’unisson momentané des cœurs et des esprits. La guerre figure toujours au loin, dans un arrière-plan parfois assourdissant, traversé par les déflagrations. Mais la dévastation elle passe les lignes. Le récit alterne entre les nuits comme des cauchemars, où les jeunes hommes ramènent les corps de leurs camarades touchés au combat, quand les jours écrasés de soleil sont éclairés par la blancheur de leurs chemises, montrant les garçons sous les uniformes. Le contraste est aussi celui qui s’impose entre la masculinité toxique qui régit les relations entre soldats, et l’espace de liberté que constitue la troupe de saltimbanques à la joie presque militante. Dans le quotidien aussi terrible que répétitif de la guerre jaillit une histoire d’amour, à la fois protégée et condamnée par l’ailleurs de cet épisode guerrier, où Francis échappe un temps à son destin, quand Pierre tente d’y trouver des fondations.
La beauté est au cœur de l’histoire comme elle est au cœur des plans, dans la manière qu’a Lukas Dhont de filmer la jeunesse aussi fragile que fougueuse de ses protagonistes, la légèreté d’un chant, ou la grâce d’une première étreinte. Le récit vibre sans cesse de la tension mortifère de la guerre, et de celle des sentiments qui submergent Pierre et Francis, auxquels ils s’abandonnent. Cette tension dramatique culmine dans un épilogue d’une élégance et d’une beauté foudroyantes, où l’on vit comme en apnée chacun des gestes, des mots et des regards de Pierre et Francis, magnifiquement interprétés par Emmanuel Macchia et Valentin Campagne et récompensés comme il se doit lors du dernier festival de Cannes.
(Merci à Cineuropa)



