Low Expectations

Lave forventninger

Réalisation : Eivind Landsvik
Casting : Marie Ulven, Anders Danielsen Lie, Tone Beate Mostraum, Embla Berntsen
Scénario : Eivind Landsvik

Type de film : Fiction
Pays : Norvège
Année : 2026
Durée : 105 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 14/10/2026

Mercredi 14 octobre
16:30
Jeudi 15 octobre
19:15
Vendredi 16 octobre
18:30
Samedi 17 octobre
12:00
Dimanche 18 octobre
18:30
Lundi 19 octobre
13:45
Mardi 20 octobre
11:15
Mercredi 21 octobre
13:45
Jeudi 22 octobre
17:00
Samedi 24 octobre
17:00
Dimanche 25 octobre
16:15
Lundi 26 octobre
20:45
Mardi 27 octobre
13:50
Mercredi 28 octobre
12:00
Jeudi 29 octobre
19:15
Samedi 31 octobre
15:45
Dimanche 01 novembre
18:30
Du 14/10/2026 au 01/11/2026 – Prochaines séances

Que reste-t-il d’une artiste, en l’occurrence une musicienne, lorsqu’elle n’a plus la scène, les enregistrements, le public ? Des souvenirs de chansons et cette sensation embarrassante que le monde continue d’avancer sans vous. C’est dans cet inconfortable entre-deux qu’Eivind Landsvik installe Low expectations, premier long métrage qui préfère aux grands récits de renaissance les temps morts, les embarras et les minuscules déplacements.

Maja a connu les foules, les tournées, les sommets précoces de la célébrité. À présent, elle doit apprendre à supporter quelque chose de beaucoup moins spectaculaire : une journée ordinaire. Sa carrière de musicienne interrompue par une crise de panique, Maja devient surveillante dans un lycée. Devant elle, les stylos grattent le papier, l’horloge avance. Rien ne se passe. Et c’est précisément ce rien que Landsvik regarde avec attention. Car après avoir vécu dans l’intensité permanente, le vrai vertige est peut-être là : dans l’ennui, dans l’attente, dans ces heures qu’il faut désormais habiter sans public.

Pour son premier rôle au cinéma, Marie Ulven – et connue comme autrice / compositrice / interprète sous le nom de Girl in Red – est formidable. Son visage fermé, ses silences, ses gestes retenus suffisent à faire affleurer ce qui demeure enfoui. Landsvik filme sa présence avec une grande justesse, entre fragilité et indifférence défensive. Les portes, les fenêtres, les couloirs, les meubles semblent parfois la coincer dans le cadre, comme si l’espace lui-même s’était rétréci. L’image granuleuse, aux couleurs légèrement passées, comme échappée d’une autre époque, donne au présent une étrange allure de souvenir. Et quand le passé ou l’imaginaire surgissent, les frontières deviennent poreuses. Maja ne se souvient pas simplement de son ancienne vie : elle semble pouvoir y entrer, physiquement, comme dans un lieu encore accessible mais dont elle aurait perdu le mode d’emploi.

Landsvik est parfois proche de son semi-compatriote Joachim Trier (Oslo 31 août, Julie en 12 chapitres, Valeur sentimentale…), dans les échanges à la fois drôles et mélancoliques, l’attention aux rythmes de parole, cette façon de laisser une émotion surgir au détour d’une scène banale. Mais Low expectations trouve sa propre tonalité, plus opaque, plus flottante. Pour un film consacré à une musicienne, Landsvik aurait pu remplir chaque émotion de musique : il fait exactement l’inverse. Il écoute les bruits ordinaires : les conversations étouffées, les silences d’une pièce, les sons du lycée. Pour Maja, qui a vécu dans la musique, son absence devient une expérience presque physique. Le silence est d’abord une privation. Puis il devient peu à peu un espace où quelque chose peut recommencer. Maja doit apprendre à vivre sans l’intensité qui organisait jusque-là son existence – à accepter que tout ne soit pas exceptionnel. Et lorsque la musique revient, ce n’est pas pour offrir la grande scène cathartique attendue. Elle passe par une autre personne, une jeune fille qui rêve de créer à son tour. Maja découvre alors quelque chose de plus précieux que le succès : la possibilité de transmettre. Low expectations raconte ainsi une guérison sans miracle et une renaissance sans grand soir. Car le plus difficile n’est peut-être pas de recommencer, mais d’apprendre à rester immobile assez longtemps pour sentir que quelque chose, dans le silence, recommence à bouger.

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