La Quinzaine en salle

Du 25/06/26 au 30/06/26

Dora

Réalisation : July Jung
Casting : Doyeon Kim, Sakura Ando, Saebyeok Song, Wonyeong Choi
Scénario : July Jung

Type de film : Fiction
Pays : Corée du Sud
Année : 2026
Durée : 137 mn
Version : VOST

On est un instant désarçonné : où est donc passée la cinéaste au naturalisme froid et acéré de A girl at my door et About Kim Sohee, qui sait si bien plonger le fer dans les travers oppressifs hérités de la société traditionnelle coréenne et transposés en toute brutalité dans le monde moderne ? Dès les premières images, on est comme téléporté dans un thriller intimiste à la manière de Park Chan-wook : personnages aussi banals qu’inquiétants, bord de mer dont la beauté sombre confine au grandiose, regards silencieux, dialogues malaisants, non-dits qui suggèrent beaucoup… un vague danger qui rôde, sans parler de l’étrange maladie de peau qui affecte Dora, notre héroïne adolescente, objet de désir, de convoitise et de peur, dont le feu couve sous la glace. Qu’on se rassure, si elle change de registre en jouant (brillamment) avec les codes d’un cinéma de genre qui exacerbe les sens, la réalisatrice garde fermement le cap : Dora est une variation, de nos jours au Pays du Matin Calme, sur le « cas Ida Bauer », naguère décortiqué par l’ami Sigmund (Freud) dans Dora : Fragment d’une analyse d’hystérie. Et donc à nouveau un miroir peu aimable tendu à la société coréenne.

Dora, en villégiature avec ses parents dans une maison de bord de mer, fait la rencontre de leurs voisins – un couple nippo-coréen distendu. Sombre, renfermée, sujette à un genre d’eczéma allergique, la frange agressive, Dora se cache ostensiblement du monde – et le monde. Mais le chaos menace, la famille se disloque… La peau à nouveau fine et immaculée, Dora s’ouvre enfin au monde et « sa découverte de l’amour libère une énergie aussi puissante que dangereuse, qui n’est pas sans conséquence sur son entourage »…

La Quinzaine en salle

USA – 2026
102mn
France – 2026
90mn
France – 2026
105mn
France – 2026
102mn
France – 2026
82mn

La quinzaine des cinéastes en salle, du 25 juin au 1er juillet

Six films en avant-première parmi les plus remarquables de l’édition 2026
de cette légendaire sélection parallèle du Festival de Cannes

Créée en 1969 par la Société des réalisatrices et réalisateurs de films (SRF), la Quinzaine des Cinéastes est une sélection parallèle non-compétitive du Festival de Cannes, qui souhaite faire découvrir les écritures cinématographiques les plus libres et les plus singulières de cinéastes internationaux, appartenant le plus souvent à la nouvelle génération – ce qui ne l’empêche pas de montrer les œuvres de cinéastes confirmés (cette année : Alain Cavalier ou Bruno Dumont).
Au cours de ses 57 années d’existence, la Quinzaine a fait découvrir les œuvres de Martin Scorsese, Sofia Coppola, Chantal Akerman, Bong Joon-ho, Claire Denis, Werner Herzog, Mia Hansen-Løve, Marco Bellocchio, Céline Sciamma, Michel Gondry, Quentin Dupieux, Gaspar Noé, Chloé Zhao, Ruben Östlund, Damien Chazelle, Aki Kaurismäki, Jim Jarmusch, Rainer Werner Fassbinder… et de beaucoup beaucoup d’autres.
La Quinzaine a toujours ouvert les portes de sa salle cannoise aux cinéphiles du monde entier. Depuis 2023, elle voyage dans toute la France grâce à la Quinzaine en salle : six jours d’avant-premières en juin, dans les salles art et essai.
L’occasion d’être les premières spectatrices, les premiers spectateurs de films singuliers d’ici et d’ailleurs, signés par les grands cinéastes d’aujourd’hui et de demain.

Deux autres films sélectionnés par La Quinzaine des Cinéastes 2026 sont à l’affiche de cette gazette : Le Vertige de Quentin Dupieux, et Shana, deuxième long métrage de la réalisatrice Lila Pinell.