Everybody Digs Bill Evans

Réalisation : Grant Gee
Casting : Anders Danielsen Lie, Bill Pullman, Laurie Metcalf
Scénario : Grant Gee

D’après le roman Intermède d’Owen Martell

Type de film : Documentaire
Pays : Royaume Uni, Irlande
Année : 2026
Durée : 102 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 09/12/2026

Pas d’horaire trouvé à Bordeaux
Mercredi 09 décembre
20:00
Jeudi 10 décembre
14:00
Vendredi 11 décembre
18:15
Samedi 12 décembre
15:00
Dimanche 13 décembre
18:15
Lundi 14 décembre
14:00
Mardi 15 décembre
20:15
Du 09/12/2026 au 15/12/2026 à Palmer – Prochaines séances

En juin 1961 à New York, le pianiste Bill Evans, 32 ans, est au sommet de son art. En trio, il vient d’enregistrer deux des albums live les plus emblématiques de l’histoire du jazz au club Village Vanguard dans le quartier de Greenwich Village. Mais tout bascule lorsque, dix jours plus tard, le jeune contrebassiste Scott LaFaro, complice musical de Bill Evans, meurt brutalement dans un accident de voiture, à l’âge de 25 ans. Dévasté par le chagrin, artistiquement déstabilisé par la perte de ce collaborateur essentiel, le pianiste plonge dans la dépression, incapable de continuer à jouer. Avec sa compagne et muse de l’époque Ellaine Schultz, il partage alors de longues sessions de consommations opioïdes pour tenter de garder à distance ses démons. Inconsolable, il découche souvent et se perd dans les bas fonds de New York, errant comme un spectre dans les rues jusqu’au petit matin. Son frère aîné Harry le repêche in extremis et décide de l’héberger un temps avant de le conduire en Floride, où Bill Evans renoue avec ses parents retraités. À leur contact, le musicien entame un sevrage et une lente reconstruction physique et mentale. Mais pour combien de temps ?

Dès qu’on s’intéresse un peu à la biographie de Bill Evans, on tombe inévitablement sur une citation attribuée à Gene Lees – remarquable écrivain spécialiste du jazz, ami proche d’Evans et compagnon de sa manager Helen Keane. Cette phrase, souvent reprise, affirme que la vie personnelle d’Evans fut « le plus long suicide de l’Histoire », en référence à son addiction aux drogues dures. Sans écarter la toxicomanie notoire du pianiste, le réalisateur décide d’aborder la psyché de Bill Evans plutôt à travers son hypersensibilité, son absence d’apitoiement sur lui-même et son indifférence presque résignée envers sa propre santé physique. Apparaît ainsi à l’écran un contraste saisissant entre la sérénité, le raffinement, la pureté de son art, et le chaos total de sa vie.

« J’ai découvert Bill Evans à travers une photographie signée Lee Friedlander, prise en 1962. Au centre de l’image, un pianiste est assis devant son piano, face à nous. Deux autres musiciens se tiennent juste derrière lui, comme pour l’encadrer. Ils sont plus jeunes, riant comme s’ils n’arrivaient pas à croire à leur chance. Le pianiste qui, au premier coup d’œil, évoque l’image idéale du jazzman américain des années 1960, cool, cultivé et élégant, semble, quand on y prête plus attention, avoir vu un fantôme ! Cette photographie m’a donné envie de découvrir la musique de cet homme. Lorsque je l’ai entendue, j’ai été immédiatement conquis. » déclare le réalisateur Grant Gee.

Dans un noir et blanc brut et classieux rappelant les touches d’un piano, le film réussit à brosser le portrait de ce musicien complexe et hors du commun. Rappelons que Bill Evans aura publié plus de cinquante albums de son vivant et collaboré notamment avec Chet Baker et Miles Davis – eux-mêmes un temps ou toute leur vie addicts à l’héroïne – sur deux grands classiques du jazz, les albums Chet et Kind of Blue. Loin des clichés habituels des biopics musicaux qui ont la prétention de retracer toute une carrière, le réalisateur fait le choix plus humble de se concentrer sur un interstice, une courte tranche de vie du virtuose, durant laquelle son art est en pause, comme suspendu dans l’air au-dessus de son instrument. Pourtant dans ce film la musique est partout. S’articulant principalement autour des sessions au Village Vanguard de juin 1961, des morceaux issus de son album de 1958 : Everybody digs Bill Evans, et de compositions originales signées Roger Goula, elle irradie chaque plan, chaque scène, épousant à la perfection l’intériorité de son personnage. Quand le jazz est, quand le jazz est là…

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