Festival du film justice et droits humains
Du 21/09/26 au 25/09/26
Indigènes
Réalisation : Rachid Bouchareb
Casting : Jamel Debbouze, Samy Naceri, Roschdy Zem, Sami Bouajila, Bernard Blancan
Scénario : Olivier Lorelle, Rachid Bouchareb
Récompenses : Cannes 2006 : Prix collectif d’interprétation masculine. César 2007 du Meilleur scénario original
Type de film : Fiction
Pays : France, Algérie
Année : 2006
Durée : 128 mn
Sortie nationale : 27/09/2006
Nom d’une pipe en bois, ils peuvent en être fiers de leur prix d’interprétation, la bande des acteurs d’Indigènes. L’ovation du public du Festival de Cannes, l’émotion, la drôlerie gentiment vengeresse de Djamel Debbouze, ce chant des Africains sonnant avec un enthousiasme pimenté de couacs d’émotion… nous ont fait des frissons partout. C’est qu’on n’était pas très fiers du sort réservé aux survivants de notre armée d’Afrique. Pas très fiers que notre Mère Patrie soit capable d’une aussi minable ingratitude envers les meilleurs de ceux qu’elle appelait ses fils, peu prompte à s’acquitter d’un élémentaire devoir de justice qui nous taraudait la conscience. Non seulement la cause du film est superbe et nécessaire, mais Indigènes est à tous les niveaux une réussite absolue et ça, c’est particulièrement jubilatoire ! Indigènes ne se contente pas d’être porté par les plus nobles intentions, il réussit la synthèse de tout ce qu’on peut attendre du cinéma : du beau spectacle populaire dont la mise en scène lyrique, généreuse n’a rien à envier au meilleur du cinéma américain. Les acteurs, tous magnifiques, semblent tendus par la même enthousiasmante nécessité : témoigner d’un aspect occulté de leur histoire, la nôtre, instillant une goutte de justice dans un océan d’ignorance et d’intolérance… Il rappelle, enfin, que les pères de bien des « immigrés » d’aujourd’hui furent un jour reçus par les français comme des « libérateurs » : il était grand temps !
1943. Ils n’étaient jamais venus en France. Mais parce que la France avait perdu sa liberté et souffrait sous l’occupation nazie, Saïd , Abdlekader, Messaoud, Yassir… vont s’engager comme des dizaines, des centaines de milliers d’autres « Indigènes » dans l’armée française pour libérer la « Mère Patrie ». Ils vaincront en Italie, en Provence et dans les Vosges avant de se retrouver seuls à défendre un village alsacien contre un bataillon allemand, au nom de la liberté, de l’indépendance, de la démocratie, de valeurs dont ils n’ont cessé de mesurer depuis à quel point, pour certains français, elles sont aléatoires.
Mais Indigènes n’est pas seulement un film relatant un fait d’armes aussi héroïque qu’exemplaire. À travers l’histoire de cette poignée de courageux, de leur parcours personnel, de leurs amours, de leurs rencontres, de leurs amitiés comme de leurs antagonismes, c’est le rapport de la France à ses colonies dont il est question. C’est le rapport de la France avec ceux qui ont amplement contribué à la construire (et continuent encore aujourd’hui…). Une relation dont l’héritage continue à être lourd à porter, d’autant qu’il est des vérités qu’on n’a jamais cru bon de dire et que le malentendu continue à creuser les consciences, à entretenir les préjugés les plus nocifs.
Le film est comme une main tendue, le moyen de réfléchir, de comprendre combien les pouvoirs successifs ont pu, de manipulations en injustices, créer des situations génératrices de frustration, de racisme et de haine. Ce film-là, jamais manichéen, parle avant tout d’amour, amour souvent déçu, amour souvent trahi, et semble faire le pari que le cinéma peut aussi être un formidable moyen de réconciliation.

Festival du film justice et droits humains
« Les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la nation, demandent d’être constituées en assemblée nationale. » Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, 1791
En 1791, tandis que la Révolution proclame la fraternité après la liberté et l’égalité, Olympe de Gouges pose la question que personne ne veut entendre : fraternité entre qui ? Pour qui ? La Révolution avait oublié la moitié de l’humanité ! Deux siècles et demi plus tard, la fraternité reste une promesse inachevée et la sororité, longtemps tue, fait de plus en plus entendre sa voix.
Le cinéma, lui, n’a jamais cessé de filmer celles et ceux qui refusent l’isolement et inventent ensemble des formes de résistance, de solidarité, de vie commune. Cette 6e édition du Festival du Film Justice et Droits Humains vous invite à explorer ce que fraternité et sororité signifient aujourd’hui, concrètement, urgemment : parce que débattre ensemble dans un esprit curieux, ouvert et bienveillant, c’est déjà pratiquer l’adelphité ! L’équipe du festival
Pour toutes les projections, prévente des places au cinéma à partir du 11 Septembre. Prévente également, à l’unité ou sous forme de pass, sur le site du festival :



