Cinéma des antipodes

Du 02/09/26 au 21/09/26

L’âme des guerriers

Once were warriors

Réalisation : Lee Tamahori
Casting : Rena Owen, Temuera Morrison, Mamaengaroa Kerr-Bell, Julian Arahanga, Cliff Curtis
Scénario : Riwia Brown

D’après le roman d’Alan Duff

Type de film : Fiction
Pays : Nouvelle-Zélande
Année : 1994
Durée : 103 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 05/07/1995

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Rien de tiède ici, le moindre sentiment vibre à fleur de peau des personnages, violemment, passionnément charnel et beau. Vous n’avez pas le temps de vous poser la question de savoir si la musique est belle, et si le cadrage est au poil… En trois plans, vous ne vous posez même plus la question de savoir si vous êtes dans un cinoche: il y a comme un souffle chaud qui vous plaque à votre fauteuil… Vous êtes loin, dans une banlieue pas chic d’Auckland en Nouvelle-Zélande. Il n’y a pas que les personnages pour vous donner cette sensation de dépaysement puissant, il y a la musique, il y a le rythme des images, il y a la façon de filmer proche des corps et des visages, la lumière chaude, sensuelle: tout contribue à nous immerger dans une autre culture, revendiquée fortement. Ce n’est pas pour rien si, là-bas, le film a pulvérisé tous les records d’entrées touchant tous les milieux, tous les âges, tous les genres, devenant quasiment la bible des jeunes générations… et l’onde de choc qui parvient jusqu’à nous a décidément, malgré nos différences, une sacré puissance. Beth, c’est une femme qui se pose là ! On ne se demande pas si elle est belle, elle est mieux que ça: animée en permanence par un feu intérieur, ardente, vivante, avec un sourire qui lui dévore le visage. Son mec, c’est une sorte de bulldozer: une belle tronche, une nature, un rasé, un puissant. Ils s’aiment, il n’y a pas à tortiller, ça se sent dans le moindre de leurs regards: une façon de prendre possession de l’autre par les yeux. Avec le tempérament d’insoumise, de rebelle qu’a Beth, il faut même qu’elle l’aime beaucoup pour s’en accommoder, de ce macho bagarreur et buveur de bière, qui passe des nuits au pub avec les copains à faire la castagne. Il y a entre Beth et Jake une vieille fêlure qui remonte à loin. Beth, fière de ses origines nobles et de ses ancêtres maoris qui luttèrent jadis contre les anglais, garde un attachement profond à sa culture d’origine. Jake, lui, descendant d’esclaves noirs, n’a toujours pas bien digéré l’humiliation de l’hostilité de la famille de Beth, lorsqu’elle a tout plaqué pour le suivre… Depuis, le temps a passé, leurs cinq gosses ont grandi dans cette banlieue où pauvreté, chômage, exclusion et leurs inévitables corollaires: délinquance, alcoolisme, drogue, font des ravages. Le rattachement aux rites anciens devient le ciment d’une communauté Maori en pleine déliquescence: une façon de préserver sa dignité, de se forger une identité. Maoris, peuple de guerriers… c’est étonnant de les voir pratiquer cette espèce de danse, comme pour chercher le fauve au fond d’eux-mêmes, qui surgira au moment du combat (les amateurs de rugby ont déjà aperçu les joueurs océaniens la pratiquer avant un match): le haka. L’histoire de Beth et de son clan, dans ce contexte passionnel et tendu, n’est pas une histoire banale… L’âme des guerriers a été sacré meilleur film Néo-Zélandais l’année de sa sortie et Rena Owen (Beth) a reçu plusieurs prix pour sa superbe interprétation: vous verrez que ce n’est pas usurpé. Deux mots sur les Maoris: d’origine polynésienne, ils se fixent en Nouvelle-Zélande au milieu du XIVème siècle. En 1841, les Anglais débarquent pour faire de la Nouvelle-Zélande une colonie britannique. Les Maoris, spoliés de leurs terres, leur livrèrent deux guerres sanglantes. La paix rétablie en 1871, les autochtones furent représentés au parlement de Nouvelle-Zélande. Le réalisateur raconte: « le statut des Maoris est comparable a celui des noirs américains: ce sont des citoyens de 2ème classe. L’urbanisation qui a suivi la dernière guerre a eu des conséquences dramatiques en matière d’éducation, de santé etc… Les prisons sont aujourd’hui surpeuplées. Les Maoris,qui représentent 12% des 3 millions de néo-zélandais, forment l’essentiel du prolétariat et des classes inférieures de notre pays. »

Cinéma des antipodes

Nouvelle-Zélande – 1983
109mn
Australie – 1971
109mn
Australie – 1971
100mn


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