Fini de rire ! L’humour politique au garde-à-vous ?

Réalisation : Matéo Larroque, Clara Menais, Mila Branco
Scénario : Jean-Baptiste Rivoire

Type de film : Documentaire
Pays : France
Année : 2026
Durée : 97 mn

Sortie nationale : 23/09/2026

Avant-première
Vendredi 18 septembre à 20:15 à Bordeaux.

Avant-première suivie d’une rencontre avec Thibault Soulcié, dessinateur de presse, auteur de l’affiche du film, Ronan Boivineau, humoriste, et Philippe Poutou, libraire à Bordeaux (Les 400 coups), qui a accueilli dans sa librairie plusieurs des humoristes du film. Pour cette avant-première, prévente au cinéma, à partir du Mardi 8 Septembre (Fini de rire ! est ensuite programmé en sortie nationale à partir du 23 Septembre)

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Vendredi 18 septembre
20:15
Rencontre
Mercredi 23 septembre
16:40
Mercredi 23 septembre
21:00
Jeudi 24 septembre
14:30
Vendredi 25 septembre
14:00
Vendredi 25 septembre
21:30
Samedi 26 septembre
16:40
Samedi 26 septembre
21:00
Dimanche 27 septembre
12:00
Dimanche 27 septembre
18:30
Lundi 28 septembre
12:00
Lundi 28 septembre
17:00
Mardi 29 septembre
21:00
Mercredi 30 septembre
11:45
Mercredi 30 septembre
18:30
Jeudi 01 octobre
21:30
Vendredi 02 octobre
19:15
Samedi 03 octobre
11:45
Samedi 03 octobre
18:45
Dimanche 04 octobre
15:15
Dimanche 04 octobre
20:45
Lundi 05 octobre
16:40
Mardi 06 octobre
20:45
Du 18/09/2026 au 06/10/2026 – Prochaines séances

« La liberté consiste à faire tout ce que permet la longueur de la chaîne. » (François Cavanna)

Arrêtons-nous un instant. Posons notre baluchon dans le talus, sortons notre paire de jumelles d’approche et, à quelques mois d’une élection présidentielle à haut risque, observons le panorama – dévasté – de la satire politique en France.

Stéphane Guillon et Didier Porte virés de France Inter en 2010. Les Guignols de l’info décapités par Vincent Bolloré en 2015 puis supprimés de Canal + en 2018. Thomas VDB et Mathieu Madénian déprogrammés de France 2 en avril 2017, à quelques semaines de l’accession d’Emmanuel Macron à l’Élysée. Pierre-Emmanuel Barré poussé hors de l’audiovisuel public. Florence Mendez en froid avec l’équipe d’une émission de cirage de pompes sur France Inter. Merwane Benlazar privé en 2025 d’antenne sur France 5 par la Ministre de la Culture Rachida Dati herself. Guillaume Meurice licencié de Radio France en 2024 après avoir décrit le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou (responsable d’un génocide à Gaza) comme « une espèce de nazi, mais sans prépuce ». Etc, etc. Depuis le licenciement express de Coluche par RMC en 1982 (pour incompatibilité d’humour) ou la main-mise du pouvoir gaulliste sur la télé française (l’ORTF) dans les années 1960 (Jean Yanne ou Guy Bedos en firent les frais), on n’avait plus vu pareille volonté des pouvoirs (économique, politique, les deux mêlés) de reprendre fermement en main la laisse, jamais tout à fait abandonnée, des « fous du roi ». Et en quinze ans, à l’instar du dessin satirique peu à peu éradiqué des « Unes » de la presse quotidienne, le paysage audiovisuel français a connu une hémorragie d’humoristes politiques sans précédent.

Pour Off investigation, média indépendant né des décombres du journalisme d’investigation télévisuel, Jean-Baptiste Rivoire (le chef de bande), Matéo Larroque, Clara Menais et Mila Branco décryptent à huit mains, il faut bien ça, le mécanisme de mise au placard d’humoristes qui dérangent. Fascinant, glaçant, mais fort heureusement d’une drôlerie incisive, Fini de rire ! dresse un tableau d’ensemble implacable de l’impermanence et de la lente agonie de l’humour politique « impertinent » dans l’audiovisuel, public et privé, de la fin des années 1980 à aujourd’hui. Le flash-back, jusqu’aux années Sarkozy, est saisissant. Si le Président à talonnettes a inauguré la reprise en main de l’audiovisuel par le pouvoir (aidé entre autres sicaires par le funeste Philippe Val, qui s’était fait un marche-pied du mythique Charlie Hebdo), on voit la parfaite continuité sous l’ère Macron. De fil en aiguille, de conflit d’intérêt en copinage éditorial, le film met en évidence que, si les accointances avec l’Extrême Droite (ses figures, ses thèses, son programme) de Cnews et autres chaines du groupe Bolloré ne sont plus à démontrer, la reprise sans filtre des mêmes thèses et des mêmes terminologies sur les antennes du service public participe activement à leur banalisation. Et gare à qui s’y oppose, par la rhétorique ou l’humour, Anastasie veille ! On est loin de la libéralisation de l’ORTF par Giscard ou de la libération de la bande FM par Mitterrand en 1981, qui firent exploser l’expression d’une irrévérence humoristique joyeuse et iconoclaste. Le paysage médiatique est devenu beaucoup plus aride et les rares espaces de liberté, on les doit aujourd’hui au privé, parfois dans le cadre du jeu possiblement opportuniste de quelques grands patrons comme Matthieu Pigasse. Mais jusqu’à quand ? La suite se documentera au fil des semaines, des mois, en épisodes complémentaires à suivre sur le portail de Off investigation. Alors que le Conseil National de la Résistance au lendemain de la guerre en appelait à l’indépendance des médias face au pouvoir du politique et aux puissances d’argent, après les funestes années où les grands patrons de presse s’étaient mis au service de la collaboration, le film résonne comme un appel à revenir aux fondamentaux de 1946. Chiche ?

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