The Killer
Dip huet seung hung
Réalisation : John Woo
Casting : Chow Yun-Fat, Danny Lee, Sally Yeh, Kong Chu, Kenneth Tsang
Scénario : John Woo
Type de film : Fiction, Répertoire
Pays : Hong Kong
Année : 1989
Durée : 110 mn
Version : VOST
Sortie nationale : 03/05/1995
Âge minimum : 12 ans
C’est LE film qui a consacré le réalisateur hongkongais John Woo sur la scène internationale. Véritable jalon du cinéma d’action moderne, The Killer demeure une œuvre fondatrice, à la fois hommage, réinvention et manifeste stylistique. Dans ce remake pleinement assumé du Samouraï de Jean-Pierre Melville (le prénom du héros, Jeff, n’est évidemment pas un hasard), John Woo fait exploser les codes traditionnels du film d’action de l’époque et impose une grammaire nouvelle : ralentis, dilatation du temps, multiplication des points de vue, répétitions de motifs, volées de balles ininterrompues, gerbes de sang, arrêts sur image et lyrisme exacerbé. À cette débauche visuelle s’ajoute une dramaturgie shakespearienne, avec un sens aigu du destin et de la fatalité.
Jeff est un tueur professionnel aguerri qui travaille en solo. Lors de l’exécution d’un contrat, il blesse accidentellement aux yeux une jeune chanteuse, Jenny. Rongé par la culpabilité, il n’a de cesse de se racheter et accepte d’éliminer un parrain des Triades afin de réunir la somme nécessaire à la transplantation de cornée dont Jenny a besoin. Mais la mission dérape : Jeff devient la cible de ses anciens employeurs et d’un policier obstiné, l’inspecteur Li, avec lequel il noue une relation d’admiration réciproque et de fraternité tragique.
Le tueur du titre, c’est Chow Yun-Fat, comédien fétiche de Woo, qui prête son charisme à Jeff. Bien moins flegmatique que Delon, il insuffle au personnage une plus grande humanité. Influencé par Sam Peckinpah, Martin Scorsese, Sergio Leone ou Akira Kurosawa, Woo signe ici une œuvre-somme qui absorbe toutes ses références pour mieux les transcender. The Killer pérennise ses figures de style et invente ses gimmicks obsessionnels – les armes dans chaque main, la figure du double, les symboles catholiques, les vols de colombes… et érige en art la notion de « mexican stand-off » (deux ennemis se faisant face, armes au poing), tout en glorifiant la fraternité masculine, le sacrifice et le code d’honneur, thèmes centraux de toute sa filmographie.



